Bővebb ismertető
PREFACE.
Je rends au public ce qu'il m'a preté : j'ai emprunté d« lui la matiere de cet ouvrage ; il est juste que, l'ayant achevé avec toute l'attention pour la vérité dont je suis capable, et qu'il mérite de moi, je lui en fasse la restitution. Il peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'apres nature , et, s'il se connaît quelques-uns des défauts que je touche , s'en corriger. C'est l'unique fin que l'on doit se proposer en écrivant, et le succes aussi que l'on doit moins se promettre. Mais, comme les hommes ne se dégoutent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de leur reprocher : ils seraient peut-etre pires s'ils venaient a manquer de censeurs ou de critiques : c'est ce qui fait que l'on preche et que l'on écrit. L'orateur et l'écrivain ne sauraient vaincre la joie qu'ils ont d'etre applaudis ; mais ils devraient rougir d'eux-memes s'ils n'avaient cherché, par leurs discours ou par leurs écrits, que des éloges : outre que l'api/robation la plus sure et la moins équivoque est le changement de mours, et la réformation de ceux qui les lisent ou qui les écoutent. On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l'instruction; et, s'il arrive que l'on plaise, il ne faut pas néanmoins s'en repentir, si cela sert a insinuer et a faire recevoir les vérités qui doivent instruire : quand donc il s'est glissé dans un livre quelques pensées ou quelques réflexions qui n'ont ni le feu, ni le tour, ni \l vivacité des autres, bien qu'elles semblent y etre admises pour la variété, pour délasser l'esprit, pour le rendre plus présent et plus attentif a ce qui va suivre, a moins que d'ailleurs elles ne soient sensibles, familieres, instructives, accommodées au simple peuple, qu'il n'est pas permis de négliger, le lecteur peut les condamner, et l'auteur les doit proscrire : voila la regle. 11 y mi a une autre, et que J'ai intéret que l'on veuille suivre, qui est de ne pas perdre mon titre de vue. et de penser toujours, et dans toute la lecture d