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AYERTIS1SEME1VT.
Nous n'avons point fait précéder ce récit par un préambule sur les précédentes époques de" la -Révqlution, parce que nous nous proposons d'écrire l'histoire diQ^ Constituans. Cette histoire sera ainsi le préambule de celle des Girondins.
Nous n'avons pás reproduit' avec 'la ' minutieuse servilité d'un analiste les iimombrables détails parlementaires ou militaires de tous les événemens de ces quarante mois. Deux ou trois fois, nous avons, pöur^grouper les choses et les hommes par masses, interverti des dates 'tres-rapprochées et sans importance. . ¦ ' )•
Nous avons écrit apres une scrupuleuse investigation des faits et des caracteres. Nous ne demandons pas foi sur parole. Bien que nous n'ayons pas embarrassé le récit de notes, de citations et de pieces justificatives,' il n'y a pas une de nos assertions qui ne soit autorisée soit par des mémoires authentiques, soit par des mémoires inédits, soit par des correspondances autographes que les. familles des principaux personnages ont bien voulu nous confier, soit par des renseignemens oraux et véridiques, recueillis de la bouche des derniers sur-vivans de cette grande époque.*. •
LIVRE PREMIER.
. • • , I. ' . . • .
J'entreprends d'écrire l'histoire d'un petit nombre d'hom- mes qui, jetés par la Providence aiu centre, du plus grand • drame des temps modernes, résument en, eux les idées, les passions, les fautes, les vertus d'une époque*,'et dont la vie
• et la politique formant, pour ainsi dire, le noud de. la Révolution* française,, sont tranchées du meme coup que les des-'tinées. de leur pays. ' . ' * Cette histoire pleine de sang et de larmes est pleine aussi d'enseignement pour les .peuples. Jamais peut-etre.autant de tragiques événemens ne furent pressés dans un espace de temps
, aussi court ; jamais* non plus cette corrélation raystérieuse qui existe entre les actes et leurs conséquences * ne se déroula . avec plus de rapidité. Jamais les faiblesses n'engendrerent plus vite les fautes, les fautes les,crimes, les crimes le châtiment. Ce'tté justice rémunératoire que Dieu a placée dans nos actes memes comme une, conscience plus sainte que la fatalité . des anciens, ne se manifesta jamais avec plus d'évidence; jamais la loi morale ne se rendit a, elle-meine un .plus éclatant
• témoignage et ne se vengea plus im;^itoyablement. En sorte •que le simple récit de ces deux années est le plus lumineux
commentaire de. toute une grande révolution et que ,1e sang 'répandu a flots n'y criç pas «seulement'terreur et pitié, mais . *leçon et exemple aux hommes.» C'est dans cet esprit que je yeux les raconter. ' • -