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LIVRE SEPTIEME 1741-1747Apres deux ans de silence et de patience malgré mes résolutions, je reprends la plume. Lecteur, suspendez votre jugement sur les raisons qui m'y forcent. Vous n'en pouvez juger qu'apres m'avoir lu^On a vu s'écouler ma paisible jeunesse dans une vie égale, assez douce, sans de grandes traverses ^ ni de grandes prospérités. Cette médiocrité"^ fut en grande partie l'ouvrage de mon naturel ardent, mais faible, moins prompt encore a entreprendre que facile a décourager; sortant du repos par secousses, mais y rentrant par lassitude et par gout, et qui, me ramenant toujours, loin des grandes vertus et plus loin des grands vices, a la vie oiseuse et tranquille pour laquelle je me sentais né, ne m'a jamais permis d'aller a rien de grand, soit en bien, soit en mal.Quel tableau différent j'aurai bientőt a développer ! Le sort, qui durant trente ans favorisa mes penchants, les contraria durant les trente autres, et, de cette oppo-1. Rousseau reprit donc sa rédaction en novembre 1769, a Mon-quin, alors qu'il avait décidé de ne pas poursuivre ses Confessions. Il était désormais convaincu de pouvoir faire la lumiere sur la réalité du complot universel dont il croyait etre la victime. 2. Comme il l'avait fait pour ses ouvres philosophiques ou théoriques, Rousseau réclame instamment au lecteur l'effort et la patience d'une lecture intégrale. (M.C.) 3. Difficultés, obstacles. 4. État intermédiaire, juste milieu. Rousseau exagere l'égalité de fortune de sa jeunesse pour mettre en évidence, par contraste, les malheurs de l'âge mur.