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(Jn Iivre nous est venu d'Iialie, oeuvre de haute philosophic mo-rálé, de simple et évangélique poésie. Enseveli dix ans sous lenpíombs de Venise et dans les cachots du Spielberg, un homme araconté ses longues douleurs, sans permettre á ses lévres aucunmurmure contre des juges qui lui ont pris tant d'années d'une viedéjá pleine de renommée. Qu'un condamné rendű á 1'air et á laIiberté secoue la poussiére de ses pieds contre les murs de sa pri-son, et, en touchant le sol de sa patrie, pousse un cri de vengeanceet de malédiction, e'est ce que l'on voit tous les jours. Ceci, au con-traire, est le spectacle d'un prisonnier qui a su tellement fairé ser-vir Tinfortune á Téducation religieuse de son coeur, qu'il n'a trouvé,au jour de sa captivité, que des paroles de consolation pour sesfréres, et, redevenu libre, des priéres pour ses geőliers. Jeté dansles fers comme Boéce, le poéte avait plus á fairé et il a mieux faitque le philosophe. La torture n'avait plus rien á enseigner au mi-nistre de Théodoric : la philosophie, la vieillesse et surtout l'his-toire de son temps avaient dű le familiariser assez avec tous les ca-prices de la fortune. L'auteur de Mes prisons avait á revenir deplus loin, forcé de renoncer tout á coup aux illusions de la jeu-nesse et de la gloire. Dans cette épreuve de dix ans, il a, par Téner-gie d'une foi sincére, reconquis la sérénité de son áme, et replacéle coeur de Thomme aussi haut que Tavaient mis les premiers mar^tyrs du christianisme. Ce confesseur du Christ et de le patrie senomme Silvio Pellico.Silvio Pellico est né vers 1789, á Saluces en Piémont, oű son