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Antoine Vautier porta ses deux mains aux tempes et, d'une lente pression, fit basculer le crâne de carton peint qui lui coiffait la tete. Une chevelure d'un roux huileux de limace apparut aux lumieres, jurant avec la barbiche grise et le crayonnage serré des rides sur la peau. Aussitôt, il arracha l'impériale a crins secs dont le vernis lui brulait le menton et tordit son nez a pleins doigts, jusqu'a lui ravir l'appendice de mastic rose qui le prolongeait. Puis, il se frotta le visage avec un linge enduit de vaseline et ce fut un délayage bistre de pattes d'oie, de poches sous les yeux, de plis sur le front, une déroute facile de tous les signes convenus de la vieillesse, un rajeunissement crasseux et graisseux.
Dans la glace, cloutée de chiures de mouches et pommelée d'empreintes de blanc gras, la véritable figure de Vautier surgit enfin, avec ses joues de pâtisserie retombée, ses fortes narines aux pores distendus par le fard et ses petits yeux