Bővebb ismertető
Oui est l'assassin?La photographie, l'image par la lumiere, maintient des rapports dramatiques avec le temps. En regardant les vieilles épreuves virées au brun, on peut etre amené a songer a la belle expérience brune de la modernité classique, faite de suffragettes excitées et excitantes, ou au journalisme naissant, symbole d'une ere nouvelle.Mais les photos de nos jours nous paraissent, au contraire, comme surannées, inertes, pauvres, et on fait la moue perfidement comme s'il s'agissait d'une Coccinelle VW d'autrefois qui a fait son temps alors que le nőtre n'est plus le sien: elle est a la traîne, incapable de suivre le rythme nouveau.Il y a sans doute du vrai dans tout cela. Mais il paraît aussi que la particularité et la chance nouvelle de la photographie résideraient justement dans son soi-disant dépassement, son immodernisme. Certes, les reporters volants sont armés de caméras vidéo, et c'est ce qu'il leur faut, alors que les appareils photo sont tenus par d'autres mains. Les mains de personnages plus méditatifs, plus attentifs et, aussi peut-etre, plus candides.Car la photographie agit toujours comme dans Blow up d'Antonioni: elle voit ce qui n'est pas a voir. Le photographe est livré a son oil, la photo est promesse de mystere.On pourrait la comparer a la littérature, a l'essence meme de la littérature: l'une et l'autre ont quelque chose de dépassé et aussi quelque chance unique. Car il y a des choses dont on ne doit parler que de la sorte. Il y a certains assassinats que l'on ignore. La police les ignore, le monde les Ignore. Ils n'existent que sur un cliché, dans un passage de roman.La photographie incite a la songerie, avons-nous déja dit, ce qui en fait