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AVANT-PROPOS
Les pages qui suivent ont été écrites dans l'intention de déférer au vou qu'avait exprimé lors de notre derniere entrevue mon tres regretté maître Zoltán Gombocz. Il aurait aimé voir paraître un exposé résumant l'histoire de la langue hongroise, rédigé dans une langue de ptus grande diffusion que le hongrois, conçu d'un point de vue différent de celui des linguistes de langue hongroise. Il ne m'avait nullement dissimulé l'immense difficulté de la tâche mais il espérait que des circonstances favorables viendraient l'alléger quelque peu. Le souci qui l'obsédait était celui qui a travaillé au cours des temps bien des esprits hongrois : la civilisation hongroise, masquée par l'écran de la langue, n'apparaît pas aux yeux du monde sous son véritable aspect. Meme parmi les linguistes, trop nombreux sont ceux qui n'ont qu'une tres vague notion de ce qu'a été la langue hongroise façonnée par le labeur ininterrompu de tant de générations pendant plus d'un millénaire. Or cel effort mérite d'etre connu, et reconnu. Non pas seulement pour que soit proclamée l'excellence d'une langue aussi perfectionnée et aussi cultivée mais aussi pour que soit mesurée a sa valeur la civilisation qui s'y exprime, au cour meme de l'Europe.
Certes, de remarquables ouvrages ont été publiés, qui traitent de ces problemes, mais ils sont écrits en hongrois et sont destinés au public hongrois. Ils refletent la conception que se font de l'histoire de leur langue des théoriciens qui l'ont étudiée par le dedans. Elle a meme été examinée et scrutée par eux avec tant de soin et tant de rigueur que l'ont peut dire que le hongrois est désormais l'une des langues au monde qui sont le mieux connues jusque dans les plus petits détails. Le présent ouvrage a bénéficié de toutes ces recherches accumulées depuis si longtemps, de meme que son auteur a pu profiter, durant toute une longue carriere, des enseignements, des avis, des conseils de tous ceux qui, en Hongrie, ont travaillé sans discontinuer dans ce domaine. Ce n'est donc pas seulement par piété pour la grande mémoire de Zoltán Gombocz mais aussi par reconnaissance pour tout ce que je dois a mes maîtres disparus, les Joseph Szinnyei,