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En débarquant en Afrique Orientale.
Lorsque Camoëns chantait dans les Lusiades la baie de Mon-basa, il avait dans les yeux ces rivages éblouissants de verdure équa-toriale ou se balancent les panaches des cocotiers, il respirait cet air humide et lourd, cette atmosphere de serre chaude qui fait souvenir de Ceylan et de Colombo.
Killindini est le nouveau port de Mombasa. On gagne la ville en trolley, sorte de petite voiture de tramway a deux places, couverte d'un auvent, et poussée sur les rails par des negres qui vont tout le temps au pas de course. On n'a le choix qu'entre ce mode de locomotion et le djin-riki-cha, ou voiturette japonaise également tirée par des noirs. C'est dans un de ces véhicules qu'il faut se rendre a Mombasa, a trois kilometres du nouveau port. La route, tres large, taillée dans une terre jaune, court au milieu d'une végétation devant laquelle le nouveau débarqué reste muet d'admiration. C'est comme un jardin paradisiaque ou croissent des manguiers au feuillage incomparable, des mohurs dorés tout resplendissants de fleurs rouges, des palmiers dont la grâce et la légereté contrastent avec la lourdeur des baobabs. Des vols d'oiseaux au merveilleux plumage sillonnent l'air sous les épais rideaux de verdure et le cri de l'hirondelle est le seul qui ne soit pas nouveau parmi ces oiseaux inconnus. Ils volent sous les ombrages humides d'arbres géants chargés de lianes et de plantes grimpantes et se reposent sur les guirlandes fleuries qui se balancent d'un palmier a l'autre. Dans cette orgie de verdure et de fleurs se melent toutes les plantes que font éclore le soleil et les pluies de l'Equateur. D'adorables sentiers se détachent de la route, qui menent a des huttes d'indigenes cachées dans la verdure.
Mais voici que nous sortons de cette foret enchanteresse pour