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la mémoire de Paris. Elle s'appelle la Seine et certains géographes la confondent avec le fleuve du meme nom qui prend sa source sur le plateau de Langres, a 471 m. d'altitude, mais c'est la une grossiere erreur. La vérité est que cette eau ternie qui clapote entre les quais est le miroir conservateur dans lequel Paris s'est regardé naître et grandir. Les jours de feu et les soirs de fetes, c'est vers lui qu'il a penché son visage sanglant ou fardé! Siecle apres siecle, il y a admiré sa taille et son port ; il s'y est flatté de ses charmes ; le mirage de sa puissance et sa richesse lui ont donné un sombre orgueil que le reflet de ses miseres et de ses plaies n'a fait qu'exciter. Et ce sera la Seine encore qui emportera la derniere ombre du dernier gratte-ciel, coulant comme de la boue, sous la pluie des guerriers noirs venus des autres mondes.
Tout cela est connu. En revanche, on ignore souvent la propriété magique des eaux de la Seine qui leur permet de conserver éternellement prisonnieres les images qui s'y sont réfléchies, ne fut-ce qu'un instant. C'est pourquoi, certains matins oti la lumiere poudrée avive le tain du fleuve, a l'endroit meme ou ces jeunes filles étaient tout a l'heure accoudées, on peut voir passer, a mi-courant, un homme casqué de bronze, aux