Bővebb ismertető
Mes yeux se sont ouverts sur les Champs-Élysées, au temps des coupés noirs a roues jaunes et des valets de pied impassibles et vetus de beige. Paris a recueilli les balbutiements de ma naissance et de ma connaissance. Longtemps je n'ai pu soupçonner d'autre lieu possible ni respirable, malgré les rues de Lisbonne, de Madrid et de Londres qui me guidaient jusqu^a mon cours.
Dans ces canaux de pierre ou s'écoule sans treve la fiévreuse seve bau-delairienne, mon pere me confia un jour qu'il était né rue du Bac, sous le roi Louis-Philippe; je lui demandai aussitôt ou son pere, a lui, avait vu le jour, tout fier que j'étais de ma rue Washington; il me répondit : rue de la Chaussée d'Antin qu'on disait alors, rue du Mont-Blanc. « Et le pere de votre pere? »
La curiosité puérile est inlassable. L'auteur de mes jours m'ayant répondu trop évasivement : « A Paris, bien entendu, puisque notre famille est une des plus vieilles souches de la capitale », je découvris en fouillant les archives, quelques années plus tard, que mon arriere-grand-pere était né cloître Notre-Dame, son pere étant receveur général des consignations au Parlement sous Louis XV.
M'excitant beaucoup sur cet arbre et cherchant a grimper de branche en branche, j'ai découvert le premier Héron de Villefosse, rue Neuve-des-Capucines, son grand-pere, Nicolas Héron, a la Grenade d'or, drapier de soie, rue Saint-Honoré, ses aieux, épiciers-apothicaires, rue des Lombards, Macé Héron, trésorier des guerres de Charles VU, rue de la Verrerie, sa mere, Jeanne la Héronne, poissonniere d'eau douce au Petit Pont, avant meme que Villon se soit écrié : « Du Petit Pont, deux harengieres les conclueront : il n'est bon bec que de Paris » et mes premiers Héron connus, sous Philippe le Bel, paroisse Saint-Gervais.
Enfant, je contemplais le soir l'auteur de mes jours derriere des infolios ouverts sur son bureau qui me paraissait un Himalaya avec son prodigieux entassement de livres, journaux, fiches, lettres, papiers, loupes et encriers. La génération qui monte a généralement horreur des vocations