Bővebb ismertető
NTRODUCTIONne légende arabe raconte qu'autrefois, la Terre était un immense jardin peuplé de grands palmiers, de jasmins parfumés et de rossignols dont le chant suave inondait le paysage verdoyant d'une cascade de mélodies. A cette époque, tous les hommes étaient francs et loyaux, a tel point que le mot mensonge n'existait pas. Mais, un jour, quelqu'un en a dit un : tout petit, sans importance, mais c'en était fini du prodige. Allah réunit les hommes : Chaque fois que vous mentirez ~ leur dit-il - je jetterai un grain de sable sur le monde. Les hommes hausserent les épaules : Un grain de sable? On ne le voit meme pas. Et pourtant, de mensonge en mensonge, petit a petit, le Sahara s'est formé, avec de-ci, de-la, quelques traces de l'ancien Eden, car tous les hommes ne mentent pas.De fait, un tiers du pays est un véritable jardin, un tiers appartient au désert, ce qui signifie qu'Allah a du jeter du sable, mais pas a cause de tous. Le dernier tiers, occupé par des montagnes, est considéré terrain neutre, car la légende n'en parle pas. Le Maroc des jardins est au nord-ouest : il y a des arbres, des vignes, des villes somptueuses. Le désert, lui, s'étend a l'est et au sud, jusqu'a l'ancien Sahara espagnol, une région disputée. Et pour terminer, le Rif, qui se dresse tout au nord, et les trois chaînes centrales, bien distinctes les unes des autres meme si elles portent pratiquement le meme nom (Moyen, Haut et Anti-Atlas).Des jardins, des déserts, des montagnes, voila des univers bien différents, que seule une plaisanterie de la nature pouvait réunir sous le meme drapeau, une étoile verte sur fond rouge qui flotte partout, des rues encombrées de Casablanca jusqu'au-dessus des 4165 metres du Toubkal, le toit du Haut Atlas. Mais le lien entre ces univers s'arrete la, et il suffit de voir deux endroits tres différents pour s'en rendre compte. Le premier est le jardin de la Menara a Marrakech, ou les roses et les cypres entourent une gracieuse piscine qui fut le miroir des sultans; le second est l'embouchure du Draa, un fleuve qui s'étend sur des kilometres au milieu des dunes désolées et imposantes, avant de mourir, épuisé, noyé dans le sable, a cent metres des rivages de l'océan. Qu'ont donc en commun la raffinée Menara et l'embouchure sauvage du Draa ? Rien. Et pourtant, c'est entre ces deux extremes que se situe le Maroc, terre de fleurs et de sable, de cigognes et de chameaux, d'autoroutes et d'hommes bleus : le plus occidental de tous les pays arabes, que les armées de l'Islam, il y a treize siecles, baptiserent Maghreb c'est-a-dire la Terre ou le soleil meurt . Le nom est resté, partagé avec l'Algérie et la Tunisie.' f f Î^Wi; .?'.iifw;15'I 'A