Bővebb ismertető
Sahara
ou grand désert
DANS LES ANCIENS ATLAS, l'Outre-mer français s'étendait en vastes taches multiformes, d'un séduisant rose bonbon. Pour ces manuels résolument optimistes de l'heureuse école primaire, Madagascar était une dragée, l'Indochine prenait des airs de praline, les archipels s'égrenaient depuis les îles a épices jusqu'au pain de sucre de la Martinique , mais en Afrique, largement étalée a une échelle vraiment continentale, se gonflait l'énorme masse saharienne. Un tendre et profond gâteau, sous une croute dure et sévere, toute saupoudrée de sable et de sel. L'oil ne s'y arretait pas. C'était un pays presque anonyme ; avant tout fait de vide comme un soufflé rempli de vent.
L'excessif est, en effet, insignifiant : il y avait trop d'espace, trop de dunes inutilement vautrées au soleil, trop de cailloux, trop de désert. On a dessiné assez vite, a grands traits, une facile image d'Épinal, a l'aide de quelques visions hâtives -et de quelques mirages.
Ce mirage métropolitain du Sahara a pris une teinte indélébile. Le Sahara, c'est bien connu, est un immense désert infertile, sans eau, d'une chaleur torride, peuplé de nomades blancs tres romantiques, les Touareg, montés sur des chameaux extraordinairement résistants a tout et surtout a la soif, qui cheminent en file indienne a travers les immensités des dunes de sable.