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Garri Kasparov : et de six !Dix ans apres avoir détrőné Anatoli Karpov, Garri Kasparov vient de remporter son sixieme titre mondial consécutif. Mais ce deuxieme et demier (espérons-le) championnat du monde PCA ne restera pas dans les annales pour la qualité du jeu. Et plutőt que d'une nouvelle victoire du génie de l -Ogre de Bakou, on se souviendra de la faillite psychologique du trop tendre Viswanathan Anand.Jamais le niveau d'un cliampionnat du monde n'aura été si élevé : au 107' étage de l'une des tours jumelles du World Trade Center, on est tout de meme a quelque 400 metres au-dessus du macadam de Wall Street, au Top of the World (le sommet du monde) comme le proclament avec leur habituel sens de la mesure les indigenes de Manhattan.Certes, le lieu est prestigieux et pouvait-on rever de meilleure vitrine pour les Echecs ? Le revers de la médaille est que ce passage obligé des touristes qui visitent New York est totalement inadapté a ce genre de manifestation. Bien sur, il n'était question de fermer la galerie aux hordes de Japonais venus photographier d'en haut la statue de la Liberté. Restait donc pour notre championnat du monde qu'un espace fort resu-eint. Les deuxjoueurs et l'arbitre américaine, Carole Jarecki, seront cloîu-és dans une piece minuscule, fermée sur l'un de ses cőtés par une vitfe censée la protéger du brouhaha extérieur. Seuls, une petite trentaine d'invités privilégiés, famille des joueurs, secondants et journalistes, pourront accéder a la petite salle d'ou l'on peut voir les joueurs. Quant aux simples spectateurs, qui auront tout de meme payé 15 dollars (vue imprenable sur New York comprise), ils ne pourront que se bousculerpour,surlapointe des pieds, tenter d'entrevoir les champions de loin, par une ouverture d'une dizaine de meu-es de large donnant sur la salle mentionnée précédemment. A noter enfin que seuls les deux joueurs et l'arbitre (encore heureux !) pourront voir en permanence ce qui se passe sur l'écran de leur pendule. Par chance, si l'on peut dire, le match ne connaîtra pas de furieux zeitnots.Bref, pour le spectacle, ce sera franchement calamiteux. Bob Rice, le représentant de la PCA, reconnaîtra volontiers ces défauts :Presque tous sont dus au manque de temps pour organiser le match apres la décision de passer de Cologne a New York. Nous pensions que les échiquiers muraux seraient aussi bien que des échiquiers électroniques, mais au dernier moment, nous nous sommes aperçus qu 'il n'en était rien. On nous avait garanti que la vitre serait totalement a l'épreuve du bruit, mais encore une fois, ce ne fut pas le cas. NousEn toute modestie, qui était le plus fort ?avons pris note de toutes ces erreurs afin de les éviter la prochaine fois.Fort heureusement, une magnifique équipe de commentateurs saura tenir en haleine un public d'amateurs américains aussi exubérants que passionnés. Tandis que Dany King et Maurice Ashley officieront, a grand renfort de FritzS, devant les échiquiers muraux d'une salle pouvant accueillir quelque deux cents spectateurs assis, Seirawan, Fedorowicz et autres Dzindzichashvili. installés sur de petites tables dans la galerie, répondront avec une bien méritante patience aux questions des badauds.Bref, le décor étant planté, le drame en trois actes peut commencer.Acte 1. Viswanathan Anand a réalisé ce que Nigel Short en 1993 n'avait pu faire: calmer l'impétuosité du champion du monde. A son arrivée a New York, l'Indien avait bien appris sa leçon: ne prendre aucun risque dans les dix premieres parties pour éviter de se faire écraser comme le précédent challenger, tout en espérant rendre Kasparov nerveux. Et Anand va appliquer métiio-diquement cette stratégie, pourtant a l'enconu-e de son style naturel. Si bien qu'il n'osera pas un sacrifice de Fou gagnant en h7 dans la ti-oisieme partie. Mais la balanceétaitéquilibrée apres huit parties : 4 points partout, au lieu du 2-6 enduré par Short avec ses attaques de kamikaze.En fait, il était clair, apres ces quinze premiers jours (on jouait quatre parties par semaine, sans ajournée) que Kasparov était sur la défensive, proposant régulierement le partage du point. Pourtant, a cet instant, il ne semble pas qu'Anand ait pris conscience de son ascendant. Premier signe de faiblesse psychologique.Acte 2, en une seule scene. Anand gagne avec calme, style et précision la neuvieme partie. L'Indien atteint le Nirvana grâce a un parfait cocktail de science (une ouverture ti-es bien préparée), d'art (un magnifique échange) et de moral (un calme olympien face a la conti-e-attaque de Kasparov). Ceux qui pronostiquaient encore une facile victoire du Russe dans le match commencent a changer d'avis. Car si Anand n'avait toujours pas monu-é les qualités qui l'ont rendu célebre, son agressivité et sa rapidité exceptionnelle, il n'en avait pas moins brisé la charge de 1' Ogre de Bakou. Mieux, il menait au score.Acte 3. Le mardi 26 septembre. Kasparov anive furieux et assoiffé de revanche au(Photos Alain Ledoux)1 2 3 4 5 6 7 iî 9 10 n 12 13 14 15 16 17 18Pts1.G. Kasparov g(Rus) 2.V. Anand g (Inde) = = = = = = :;= 0 1 1 = 1 1 = = = =10,5 7.54 ZUliDyJi Ji'Jji^'J-J jP iJliV