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Au printempsde 552 La vieille querelle entre Gépides et Lombards finit par dégénérer en guerre. Des deux cőtés on se préparait á la lutte, et les adversaires s'affrontérent. Les deux camps luttaient avec acharnement, aucun ne voulant céder. Alors, dans le feu de la bataille, le hasard voulut que Alboin, fils d'Audoin, et Turismod (Torismod), fils de Turisind (Thorisind), fussent un instant en présence l'un de l'autre. Alboin transperga son adversaire de son épée, puis, lorsqu'il l'eut désargonné, il le tua. A partir du moment oű les Gépides s'apergurent que le fils de leur roi, le chef de l'armée était mort, ils perdirent courage et prirent la fuite. Les Lombards se jetérent á leur poursuite en les massa-crant avec fureur. Lorsqu'ils en eurent tué autant qu'ils purent, ils s'en retournérent pour prendre les armes des morts. Rentrés vainqueurs dans leur pays, les Lombards proposé-rent á leur roi Audoin d'admettre Alboin á sa table. Celui qui par sa bravoure leur avait permis de remporter la victoire, qui avait été compagnon de son pere dans le danger était aussi digne d'étre son compagnon á table. Audoin leur répondit qu'il ne pouvait le fairé sous peine d'enfreindre la tradition du clan. Vous con-naissez - dit-il - la coutume observée chez nous : le fils du roi ne dóit pas festoyer avec son pere tant qu'il n'a pas été ceint de son épée par le roi d'un peuple étranger. Ayant entendu les paroles de son pere, Alboin, accompagné de quarante jeunes hommes seulement, se rendit chez Turisind, roi des Gépides, celui contre lequel les Lombards venaient de se battre. II lui dit pourquoi il était venu. Turisind le regut cor-dialement, l'invita á sa table et le fit asseoir á sa droite, á la place qui avait été celle de son fils Turismod. Tandis qu'on se préparait au festin, la place - qui d'habitude était occupée par son fils - évoqua dans Páme de Turisind l'image de la mort de