Bővebb ismertető
La jument maigre et Feri
A l'aube, János Kiske, le pauvre, se mit en route avec le traîneau pour la foret de l'Ermite. L'aube commençait a poindre dans la neige qui tombait, par un vilain vent qui faisait des remous, et la Maigre toussait. La femme tenait a son mari la veilleuse, tout en battant la semelle, tandis que Kiske attelait les betes. La Maigre toussait, ses côtes efflanquées craquaient. La buée chaude, maladive, de sa toux lui ébouriffait la tete. La Maigre était pareille a un vieux paysan hectique, dont les cils blancs seraient en révolte. La mere Charlotte se lamentait, pleurait et, tout en tremblant, elle caressait la Maigre, comme a la dérobée. Quant a János Kiske, le pauvre, il ajustait le harnais en soufflant constamment dans ses mains gelées. 11 injuriait la femme, le bon Dieu, le monde et la foret de l'Ermite. Chez soi, on faisait un peu de fumée avec des tiges de tournesol, et voila qu'il fallait expulser de l'écurie cette bete poussive, malade, pour charrier du bois pour les autres. Et si la Maigre s'écroulait en chemin, qu'arriverait-il ? On vivait plus difficilement avec un seul cheval qu'avec une seule main, et il n'y avait pas d'argent pour un autre cheval. C'en serait fini du charroi a deux pengős, et l'on se verrait enfermé dans la cabane jusqu'au printemps. 11 creverait en bloc avec ses mioches, et il ne pourrait meme pas donner de foin au cheval restant
János Kiske jurait et, sans dire au revoir, il donna du fouet sur les rosses. Le traîneau hurla un coup et se mit a courir comme s'il avait été tiré par des coursiers. La Maigre avait relevé sa tete grise, et elle allait comme si elle se rappelait sa jeunesse. 11 fallait bien courir : il y avait quatre heures de course pour le voi-turier qui se rendait a la foret de l'Ermite. János Kiske, le pauvre, mit une heure pour sortir de son mutisme amer de ce matin d'hiver. « Dire, fit-il a haute voix, que je n'ai meme pas dit une borme parole a la femme. Et le petit Feri, je ne lui ai pas