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JEAN-RENE SURATTEAU (1915-1998)CLAUDE MAZAURICMembre de la présidence collégiale de la Société des études robespierristes depuis 1983 et adhérent de la Société depuis les lendemains de la Libération, notre tres cher ami Jean-René Suratteau nous a quittés le mardi 20 octobre 1998. Il vivait sa quatre-vingt-troisieme année avec beaucoup de courage et d'abnégation au milieu d'intenses souffrances dont la moindre ne fut pas, il y a quelques mois a peine, la perte de sa femme Anne-Marie avec laquelle il avait construit une vie de cinquante année, incroyablement active et généreuse.Dans un prochain numéro des Annales historiques de la Révolution française, nous dirons tout ce que l'histoire de la Révolution, nos recherches, nos travaux, doivent a cet historien éminent et fécond qui s'est attaché, avec une érudition sans faille et une persévérance pas toujours appréciée a sa juste valeur, a éclairer l'histoire de la France du Directoire conjointement a celle des espaces allémaniques, alsaciens et rhénans dans le grand mouvement de recomposition territoriale et politique de l'Europe entre 1792 et 1815. Nous dirons aussi tout ce que l'histoire générale de la Révolution, vue a travers le destin de centaines d'individus plus ou moins célebres mais insérés dans des réseaux de relations et de pouvoirs parfaitement identifiés, doit a celui qui conduisit a bonne fin la réalisation du Dictionnaire historique de la Révolution française paru aux PUF en 1989. Nous rappellerons également que Suratteau fut un grand patriote et un combattant antifasciste de la premiere heure, résistant héroique qui ne faisait pas plus ostentation de ses mérites d'alors qu'il ne cherchait a se faire valoir dans les autres. Mais ceux qui ont ouvré avec lui a la construction d'une mémoire vivante de la Résistance en Morvan sauront rappeler son exemple. Nous évoquerons enfin l'universitaire scrupuleux et exigeant qu'il devint a Besançon puis a Dijon ou, appelé au décannat de la Facuké des Lettres, il sut se faire aimer pour son équité et sa fermeté aussi bien par les étudiants que par tous les personnels.Ami fidele des grands historiens qui se réunissaient apres 1945 aupres de Georges Lefebvre, il évoquait souvent la mémoire des disparus, les Venturi, Markov, Saitta, Cobb, Rudé, etc. dont U avait été avec volubilité et chaleur le compagnon. Il vouait une reconnaissance illimitée a la mémoire de Georges Lefebvre qui fut son maître véritable et un exemple dont il ne cessait de se réclamer Mais surtout, nousAnnales Historiques de la Révolution française -1998 -N° 4 [593 a 594]