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DÉNES RADOCSAY
UN LIVRE D'HEURES FRANÇAIS
Quoiqu'il ne soit pas completement ignoré, le petit livre d'heures français a miniatures, conservé au Musée des Arts Décoratifs de Budapest n'est pas connu dument. Présenté pour la premiere fois au public lors de l'exposition des miniatures au Musée des Beaux Arts de Budapest, c'est dans le catalogue de cette exposition que Mme Mária Aggházy l'a introduit en abrégé, en y précisant son origine française et sa provenance du XV® siecle.'
La description détaillée du codex, sa datation plus exacte, la démonstration des marques caractéristiques du style se trouvent dans une monographie plus récente, ayant l'objet les miniatures françaises et néerlandaises en Hongrie. Or, ce volume n'étant publié qu'en langue hongroise et ne présentant qu'une seule peinture de ce livre d'heures, ce sont justement ces deux facteurs, l'inacces-sibilité de la langue et l'insuffisance du rendu des miniatures de ladite monographie qui nous amenent a reparler plus amplement, en français, de notre manu-scrit.2
Nous reproduisons les détails, les inscriptions, les différentes données du manuscrit d'apres le catalogue susmentionnée, tres minutieuse, de Mme E. Soltész. Le
petit volume a lacunes (102 X 75 mm) se compose de 233 (correctement 232) feuilles. Le texte en est distribué en quinze lignes sur chaque page. La reliure restaurée est en cuir brun du XV® siecle, la fermeture, quoique réassortie, en est originale. Les notes a lire sur les premieres pages font allusion aux possesseurs anciens. Au verso de la premiere feuille se trouve le texte le plus ancien qui n'est ni assez clair, ni completement lisible: „Dieses buch von meinem grossvater herkommen, ist auff die 400 Jar alt gerechnet worden anno 1557 nach sag. Dise 3 sind fast alle auff 100 Jar alt worden". (A l'exception du mot „alle" en caracteres latins, le texte entier est écrit en caracteres gothiques.) En haut, sur la meme page se trouve: „Daniel Sudermann"; au recto de la deuxieme feuille: „Melchior Pfaff in Nuremberg", et en bas, de la meme main: „Diss Büchlein verehrte mir Nicolaus Pfaff, mein Grossvater, Anno 1658"; ainsi que: „Anno 1838 verehrt dieses Buch seinem Bruder Wilhelm, Ernst v. Clement-Milwitz" ; pour finir, au verso de la deuxieme feuille : „Dies Buch verehrte mir meine liebe Schwiegermama Emma von Clement-Milwitz am 20. Juli 1878. Johann Schmer".