Bővebb ismertető
INTRODUCTION
Durant des siecles, le paysan hongrois a, selon ses exigences esthétiques, créé et embeUi sa maison, les objets dont il se servait et aussi ses outils et ses vetements.
L'art folklorique, plus précisément, l'art décoratif populaire, se nourrit a notre époque de ces formes et de ces ornementations traditionnelles. Un abondant matériel et plusieurs documents permettent d'établir que cet art collectif a souvent fait preuve d'une étonnante vitalité, qu'il a suscité des styles intéressants, et qu'apres avoir subi plusieurs éclipses, il nous a transmis un héritage désormais classique, dans un contexte social plus vaste.
C. P. Saintyves, personnalité bien connue des sciences folkloriques en France, a remarqué, entre autres, dans son Manuel du Folklore (1933), que le folklore étudie la tradition et que, par conséquent, apres avoir rassemblé et ordonné les faits qui la constituent, il doit en expliquer la nature et l'essence. Selon lui, on ne peut comparer la tradition populaire a un trésor enfoui : c'est un courant continu de richesses de tous ordres, une succession infinie de milliers et de milliers d'inventions humaines, dont le peuple bénéficie au sein des nations civilisées.
Et Gyula Juhász, poete hongrois de l'entre-deux-guerres, écrivait : « Prenons garde a ce que les peuples qui chantent, les peuples qui créent les mythes ne viennent a s'éteindre, ni les paysannes ornemanistes, les paysans sculpteurs a disparaître, car ce serait l'Homme qui se perdrait avec eux. Conservons, recueillons, propageons donc leurs ouvrages, cherchons-y notre inspiration ! Que l'art populaire indissociable de l'existence, cet art qui se suffit a lui-meme comme la nature, qui témoigne, par conséquent, et du passé et de l'impérissable, fasse partie intégrante de notre âme, de notre génie ! »