Bővebb ismertető
Introduction
Giacomo Casanova, Vénitien, grand joueur et franc libertin, n'a pas fini d'en imposer. Ce n'est pas au nombre de ses conquetes féminines (122 femmes en trente-neuf ans, paraît-il. L'exploit étant évidemment a penser du côté d'un certain délire de la vérification mathématique ) ni a l'habileté d'une stratégie séductrice qu'il le doit, mais, plus insidieusement et selon cette « duperie réciproque » qu'il mettait au cour de tout rapport amoureux, a la seule force de son imagination -force et faiblesse, faiblesse convertie en force par l'obstination rigoureuse qui le fit toujours s'en tenir a la puissance des apparences. Et si parfois celles-ci parlent un langage obscur, il ne faut pas décider, ni chercher a élucider.
Ainsi, Casanova peut écrire d'une famille d'orphelines pauvres et toutes également jolies (égalité renvoyant a l'instant d'émotion qui lui révele a chaque fois comme la plus belle la derniere femme aimée, la plus récemment dénudée) qu'il a recueillies chez lui : « Je les adorais m'adorant. » Ici, les ambiguités de la grammaire française servent a plaisir la confusion narcissique de l'amant. Qui adore qui? La question est hors de propos du point de vue de Casanova. Ce qui importe d'abord est que de l'adoration passe, que le lecteur, a la suite de Casanova, soit emporté dans un mouvement de ravissement sans origine assignable ni vérité derniere, qu'il s'abandonne a l'amoralisme d'une écriture qui donne a se représenter avec la meme intensité la blancheur d'un avant-