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o ji. n ' i? i En 1964, « poésie » est un
Bovary et le sous-prefet • ^^ ^^ ^^ ^éfie
pas encore. Toujours noble, il n'est pas banni du vocabulaire critique et c'est peut-etre a Cocteau qu'on le doit dont les formules « poésie de roman », « poésie critique », « poésie de théâtre » ont eu la fortune que l'on sait. « Poete », par contre, est un vocable malchanceux. On ne l'emploie plus qu'avec la crainte des contresens, on hésite a dire d'un artiste qu'il est poete, l'imagination trouvera mille détours, inventera mille périphrases plutôt que de se contraindre a dire le mot qu'on sait vaguement démodé, le mot chevelu, le mot fatal qu'on a trop vu expirer sur les levres mauves des dames a l'oil perdu, a demi pâmées sous leurs ombrelles. Poetes ? Si l'on n'y associe pas immédiatement quelque nom vénéré, vénérable ou surréaliste, ce sont des fastes provinciaux qui surgissent, des souvenirs de garden-parties 1938 peuplées de créatures giralduciennes en longues robes « imprimées », ce sont des célébrités de ville d'eaux qu'on évoque. Ce sont les ombres de Mme Bovary et du sous-préfet qui viennent épouvanter.
En 1938, on disait d'un auteur de chansons qu'il était poete pour lui faire un grand compliment et ne pas avoir a lui dire qu'il était un poete. 11 était entendu que la chanson, moyen d'expression poétique certes, mais populaire et mineur, ne