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caricatures mal lunéesiPar Alain Ciroudirecteurde la rédaction deCiel S, EspaceL y a une idée reçue dont la durée de vie frise maintenant le demi-siecle et qui a retrouvé toute sa vigueur a l'occasion des récentes catastrophes climatiques. Elle est exprimée ainsi : "Comment peut-on dépenser autant d'argent pour aller sur la Lune et dans l'espace alors que sur Terre il y a tant besoin d'argent pour réduire la misere ?" Cette assertion est d'autant plus difficile a contrer qu'elle s'exprime simplement et qu'on ne peut qu'etre d'accord avec la nécessité de placer l'aide aux plus démunis en tete de toutes les priorités. A moins d'etre inliumain. Mais elle est perverse parce qu'elle met en opposition deux autres idées reçues : d'une part, l'espace coute cher, ne rapporte aucun bénéfice direct a l'humanité ; ensuite, des budgets différemment répartis suffiraient a réduire les inégalités. Sans en traiter les causes, n y aurait donc, d'un cőté, une puissance riche, cynique et inconséquente, capable de dépenser plus de 100 milliards de dollars pour caracoler dans les crateres lunaires au nom de la science ; et de l'autre, une pauvre humanité victime de l'impérialisme scientiste des tous derniers maîtres du monde La caricature est grossiere mais, bien exploitée, elle pourrait priver le nouveau plan d'exploration de la Nasa des appuis nécessaires a sa réalisation. L'émulation dont bénéficiaient les missions Apollo dans les années 1960 n'est plus de mise et le soutien populaire risque de faire défaut. Mais, bien au-dela du cas américain et de ce programme emblématique, ce qui apparait comme irréductible c'est un besoin perpétuel d'explications, de mise en lumiere des méthodes et raisonnements du développement scientifique et technique. Que ce programme puisse apparaître comme hostile et contraire aux intérets de Ihumanité est un échec de sa communication a relier ses images et ses mythes a la réalité.Avec Mars au plus pres de la Terre, l'écran a fantasmes se redéploie, pret a nous inonder de visions du futur Une belle occasion de se rendre compte que, de cet astre rouge au zénith, a ce robinet d'images, des années-lumiere de vide nous séparent !Novembre 2005Lémulation dont bénéficiait Apollo n'est plus de mise