Bővebb ismertető
AVERTISSEMENT AU LECTEURLes lecteurs de Jean-Christophe ne s'attendent surement point a ce livre nouveau. Il ne les surprendra pas plus que moi.Je préparais d'autres ouvres, un drame et un roman sur des sujets contemporains et dans l'atmosphere un peu tragique de Jean-Christophe. Il m'a fallu brusquement laisser toutes les notes prises, les scenes préparées pour cette ouvre insouciante, a laquelle je ne songeais point, le jour d'avant.Elle est une réaction contre la contrainte de dix ans* dans l'armure de Jean-Christophe, qui, d'abord faite a ma mesure, avait fini par me devenir trop étroite. J'ai senti un besoin invincible de libre gaieté gauloise, oui, jusqu'a l'irrévérence. En meme temps, un retour au sol natal, que je n'avais pas revu depuis ma jeunesse, m'a fait reprendre contact avec ma terre de Bourgogne nivernaise, a réveillé en moi un passé que je croyais endormi pour toujours, tous les Colas Breugnon que je porte en ma peau. Il m'a fallu parler pour eux. Ces sacrés bavards n'avaient pas encore assez parlé, de leur vivant! Ils ont profité de ce qu'un de leurs petits-fils avait l'heureux privilege d'écrire (ils l'ont souvent envié!) pour me prendre comme secrétaire. J'ai eu beau me défendre :IL'ALOUETTE DE LA CHANDELEUR*2 février.Saint Martin soit béni ! Les affaires ne vont plus. Inutile de s'éreinter. J'ai assez travaillé dans ma vie. Prenons un peu de bon temps. Me voici a ma table, un pot de vin a ma droite, l'encrier a ma gauche ; un beau cahier tout neuf, devant moi, m'ouvre ses bras. A ta santé, mon fils, et causons ! En bas, ma femme tempete. Dehors, souffle la bise, et la guerre menace. Laissons faire. Quelle joie de se retrou-