Bővebb ismertető
Parmi les grands écrivains^ il en est qui gardent longtemps me situation privilégiée, qui sont a chaque instant renouvelés par la piété, par la compréhension ou V incompréhension, et par la mode. Quoi qu'ils aient écrit, ils sont pareils a ces dramaturges classiques différemment traités par les metteurs en scene, et tantôt nous avons Hamlet joué a la mode du Théâtre Libre, et tantôt Hamlet joué par Pitoëff, ou Hamlet monté chez Baty, ou Hamlet en costumes modernes. On peut condamner ces erreurs, au moins signifient-elles qu'une ouvre est vivante. Quand une piece de théâtre peut etre interprétée a la lueur des quinquets, du gaz ou de Vélectricité, dans des décors bourgeois, romantiques ou cubistes, quand on peut la transformer en parade italienne ou russe, y appliquer les regles du Mô japonais ou du cinéma américain, quand un comédien roumain, juif ou provençal, une comédienne mineure, murissante ou unijambiste, lui donnent une couleur nouvelle, un accent nouveau, alors, indignez-vous, c'est une piece vivante. Mais quand on la joue toujours de la meme maniere, quand seuls les professeurs et les comédiens d'État en prennent soin, quand on la respecte, quand on y mene dans la province les longues théories de pensionnaires en pelerines bleues et de jeunes filles externes en robes roses, quand on n'imagine pas d'autre maniere de représenter le jeune premier que de le donner a un vieillard de soixante-dix ans (qui ajoute généralement a son patronyme, pour l'occasion, l'épithete de cadet ou de fils), alors, plaignez-la, c'est une piece morte.