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Préface
Un jour de novembre 1907, un jeune homme a la politesse redondante et cérémonieuse écrit a Schnitz-1er pour lui présenter un recueil de nouvelles de facture impressionniste intitulé L'Amour d'Erika Ewald et édité quelques années plus tôt. Il a vingt-six ans et n'a guere publié que des traductions et des recuefls de poemes. Son nom : Stefan Zweig.
Ce n'est pas vraiment un inconnu, simplement un jeune homme prometteur dans cette Vienne cosmopolite déja si riche en talents ; c'est la Vienne de Karl Kraus et de Freud, de Musil et Hofmannsthal, de Klimt et Schiele, Adolf Loos et Otto Wagner, Mahler et Schônberg.
Schnitzler, lui, a quarante-cinq ans, il est au sommet de son art. Ses livres, comme le note le jeune Zweig, sont commentés dans les journaux dés le jour de leur parution, et ses pieces sont jouées au célebre Burgtheater. Il a déja écrit la plupart de ses grandes ouvres : Anatole, Liebelei (Amourette), Le Lieutenant Gustel, La Ronde, Le Perroquet vert et il est sur le point de publier Vienne au crépuscule qui sera d'emblée un grand succes.
Le rapport est donc inégal, et la relation épistolaire entre Stefan Zweig et Arthur Schnitzler apparaît d'abord comme la chronique d'un immense déséquilibre.
Entre les deux hommes s'instaure un rapport de maître a éleve, que Zweig n'a de cesse de souligner avec une dévotion appuyée. Les memes mots se