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Préface
Dix-huit mois apres la mort de Georges Lukács, son ouvre s'est accrue d'un ensemble de documents extraordinairement riche. Ces documents, rangés dans une valise, reposaient depuis le 7 novembre 1917 dans un coflGre-fort de la Deutsche Bank de Heidelberg ; son propriétaire inconnu, le docteur Georg von Lukács, ne vint jamais la prendre. La découverte, qui eut aussi un grand retentissement dans la presse allemande, fut faite a l'occasion d'une petite monographie sur Lukács par Fritz Raddatz (Hamboiu-g, 1972). D'apres les données biographiques du livre, un employé de la banque identifia l'inconnu, le docteur von Lukács de jadis, comme étant Georges Lukács le philosophe.
La valise de Heidelberg contenait plus de 1 600 lettres, ainsi que des cahiers de notes, des notes de journal et des fragments de manuscrits.
La partie la plus précieuse de ce fonds de manuscrits est constituée par les lettres originales et les brouillons de lettres de Lukács. La plupart étaient adressées a Leó Popper, le meilleur ami du jeune Lukács, et c'est apres la mort prématurée du jeune homme qu'elles furent retournées a leur expéditeur. Dans sa lettre du 27 janvier 1912, Károly Polányi écrit a leur propos : « Leó a détruit ses lettres. J'ai brulé ce qui en restait par hasard. Il n'a gardé que les lettres de Bé, de toi, d'Ottó, de Heini et de moi-meme. J'ai mis les tiennes a part et demain je te les enverrai. »