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Je me promene dans les allées de ma mémoire comme on visite les ruelles d'un vieux quartier. Cette nuit-la fut la plus féconde de toutes : devant le 73 de la rue Labat,j'ai retrouvé un ami. Et aussi l'année la plus souriante de ma vie. J'avais huit ans et demi. Ma mere, Virginie la merciere, vivait encore. J'adorais jouer dehors avec mes copains. La, je rencontrai David et l'amitié. Nous ne nous ressemblions pas : il était aussi brun que j'étais blond, aussi calme que je me montrais turbulent^ bon écolier quand je jouais les...
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Je me promene dans les allées de ma mémoire comme on visite les ruelles d'un vieux quartier. Cette nuit-la fut la plus féconde de toutes : devant le 73 de la rue Labat,j'ai retrouvé un ami. Et aussi l'année la plus souriante de ma vie. J'avais huit ans et demi. Ma mere, Virginie la merciere, vivait encore. J'adorais jouer dehors avec mes copains. La, je rencontrai David et l'amitié. Nous ne nous ressemblions pas : il était aussi brun que j'étais blond, aussi calme que je me montrais turbulent^ bon écolier quand je jouais les cancres. Cela se passait durant une période qui précede celle narrée dans Les Allumettes suédoises. Je me souviens de ma rue comme d'un paradis. Je ne peux m'empecher d'y revenir, d'y chercher des traces, de la faire revivre, de l'animer par l'écriture. Une correspondance suivie avec des lecteurs et des lectrices a rafraîchi mes souvenirs. Ainsi, Mme Proust (nom que je n'invente pas) qui me parla de 1930, de la mercerie, des gens d'une véritable tribu composite, de l'univers d'un quartier, évoqua une maladie que j'avais oubliée, un service de verres a bordeaux, sa mere qui me soigna La mere de Mme Proust se nommait Mme Rosenthal. Elle était l'amie de Virginie, la maman d'Olivier, un des Depuis le petit matin, il pleuvait, mais ce n'était pas une eau triste : elle préparait la voie du soleil. On percevait la complicité des éléments, les jeux subtils de la brume et de la clarté. Le dos bombé des pavés se réjouissait, et aussi les herbes, les mousses qui les cernaient. La pierre vivante souriait, le gris s'argentait, apprivoisait de nouvelles nuances, vert, bleu, or. L'eau dans les ruisseaux chantonnait doucement. Une rue ordinaire sur le flanc de la colline montmartroise, la rue Labat se terminant au milieu de la rue Bachelet formant la barre horizontale d'un T. Sur la hauteur, gravies cinq marches de pierre, d'un espace en demi-lune s'élevait un raidillon semé de demeures, cabanes plus que logis, territoire délimité par une palissade plissée et tordue comme un soufflet d'accordéon. En bordure, la boucherie kascher de M. Aaron faisait face a l'échoppe du rempailleur de chaises, M. Léopold. La rue Bachelet prise a main gauche, passé le drapeau tricolore en métal du lavoir, on aboutissait a la rue Nicolet ou se trouvait un pavillon habité naguere par le poete Paul Verlaine et

Termékadatok

Cím: David et Olivier [antikvár]
Szerző: Robert Sabatier
Kiadó: Éditions Albin Michel S. A.
Kötés: Ragasztott kemény kötés
Méret: 140 mm x 210 mm
Robert Sabatier művei
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