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DE TOUTE SON AME
ILS sortaient des ateliers et des usines de la Ville-en-Bois, les mains et le visage rouillés par la fumée, par les débris du fer, du cuivre, du tan, par la poussiere qui vole autour des poulies en marche. Sept heures sonnaient encore a des horloges en retard, et c'était vers la fin de mai. Une douceur était dans Tair, Ils sortaient. Le ronflement des machines diminuait ; au-dessus des cheminées de briques, les spirales de charbon en poudre commençaient a s'amincir ; des voix s'élevaient entre les murs de la rue de la Hautiere et du vieux chemin de Couëron, dans la partie haute de Nantes, voisine de Chantenay.
Heure saisissante ou le travail lâche son armée par la ville ! Recrues, vétérans, filles, femmes, petits auxquels on aurait donné dix ans, si le timbre de leur voix et la perversité précoce des mots n'avaient révélé en eux de jeunes hommes, ils se divisaient au dela des portes des usines, montaient, descendaient, coupaient par les ruelles, vers le gîte ou la soupe les attendait. Les groupes se formaient en route. Les femmes retrouvaient
leurs maris ; les freres, les amants, les camarades
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