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Préface a l'édition communeEn publiant, en 1965, notre premiere édition du Dictionnaire de la betise et des erreurs de jugement, nous disions cette énormité que, toutes proportions gardées, la betise valait parfois l'intelligence, qu'assez souvent elle précédait, a laquelle parfois elle survivait. Nous intitulions notre préface qu'on trouvera un peu plus loin, inchangée Éloge de la betise .Indignation générale, sauf de la part d'Étiemble qui voulut bien écrire dans VEncyclopaedia Universalis, article Dictionnaire, que nous avions ainsi composé une nouvelle forme, non moins virulente, de dictionnaire philosophique .C'était un temps de guerre froide ou la vérité une certaine vérité, cela va de soi avait encore toutes les vertus, et l'erreur fous les défauts. On nous prit souvent pour deux imbéciles, ce qui n'était peut-etre pas faux et en tout cas nous enchanta.En fait, les esprits rigoristes auraient pu se souvenir de quelques philosophes qui avaient montré, certes dans le seul domaine des sciences, certes plus poliment que nous, comment se construit souvent une idée juste. L'erreur est en quelque sorte le premier stade de la vérité, disait Alain ; et Bachelard, plus finement encore : toute science naît dans une sorte de reverie.Au fond, notre idée était simple : ouvrir plus largement et a toute pensée ce nouveau chemin. Au moment meme ou la nouvelle Histoire élargissait le champ traditionnel en ajoutant au récit des événements supposés réels l'étude de la mentalité et meme de l'imaginaire des peuples, nous voulions donner la premiere clé de ce territoire immense de la betise, qui fut tres souvent le plus fréquenté, qui commanda et qui commande encore tant de nos sentiments et de nos actions.Cela n'avait rien a voir avec des ramassis de coquilles ou de perles. Ces recueils ne manquaient pas, plus ou moins authentiques, ou un compilateur a l'allure tres supérieure se moquait des sottises de ses