Bővebb ismertető
PRÉFACE
L
E langage, comme l'habillement, comme la maniere de vivre, a toujours été considéré comme un signe distinctij du niveau ^ social des hommes. Aussi, des que le français, langue vulgaire, prend la place du latin comme langue écrite et meme comme langue érudite, le voyons-nous chercher a se fixer des regles.
Il prend naturellement pour base le langage de l'Ile-de-France, siege de la cour, principal centre intellectuel du pays, rendez-vous de l'aristocratie de la naissance et de l'intelligence. Et c'est parmi les usagers de cette langue que surgiront les grammairiens qui en établiront les regles.
De bonne heure apparaissent des censeurs qui essaient de corriger les défauts contemporains. Des 1533, Robert Estienne publie a Paris un petit ouvrage de l'Amiénois Charles de Bovelles, Liber de differentia vulgarium linguarum, et Gallici sermonis varietate, oit, en une centaine de pages, l'auteur prend a partie les prononciations vicieuses de Parisiens et les belgicismes de sa province natale. En 1571, un autre recueil, /'Etymologicon françois du Champenois Jean Lebon d'Autreville, cite un certain nombre de mots lorrains et examine lui aussi quelques parisianAsmes vicieux. Enfin, en 153Ç, Robert Estienne publie le premier « Dites , ne dites pas », un petit livre de Mathurin Cordier : De corrupti sermonis emendatione, dont une vingtaine d'éditions se succéderont jusqu'en 1580.
Au début du XVW siecle apparaît Malherbe, avec son Commentaire sur Desportes, qui provoque une réaction violente contre l'archaisme, le néologisme, l'obscurité, le galimatias, le gasconisme. Une frénésie de purisme linguistique s'empare de la cour. C'est l'époque ou regne l'esprit de l'hôtel de Rambouillet, dont Voiture, Balzac sont les conseillers respectés, ou il est de bon ton de « parler V au gelas ».
INTRODUCTION
CE Dictionnaire des difficultés de la langue française a été conçu suivant un plan essentiellement pratique. Dictionnaire, c'est avant tout un manuel de consultation, au style direct et concis : il renseignera sur-le-champ, sans vaines dissertations, sans perte de temps et sans manipulations fastidieuses, par simple recours a l'ordre alphabétique.
C'est aussi un ouvrage d'étude, qui se lira avec fruit. Un emploi modéré de la terminologie grammaticale doit le rendre accessible au plus grand nombre. Les abréviations, si déplaisantes, sont éliminées. Une lecture dosée permettra de se familiariser avec les difficultés d'une langue qui apparaîtra, a côté d'irrégularités et d'exceptions dont elle n'a pas l'apanage, pleine de finesses insoupçonnées.
Notre propos, en rédigeant ce dictionnaire, a été de grouper les difficultés de toutes sortes éparses dans les ouvrages spéciaux, ou qui, meme, n'ont jamais été consignées par écrit. Aussi, le Dictionnaire des difficultés de la langue Jrançaise doit-il répondre aux questions les plus variées que se posent quotidiennement tous ceux qui, a un titre quelconque, sont en contact avec notre langue : écoliers, étudiants, secrétaires, écrivains, etc., et toutes personnes qui tiennent a honneur de bien parler et de bien écrire.
Il doit aussi remettre en mémoire des regles oubliées ou attirer l'attention sur des fautes qui, pour etre courantes, n'en sont pas moins grossieres. C'est en lisant cet ouvrage que certains apprendront, par exemple, qu'on ne doit pas dire « un » azalée ou « une » astérisque, mais « une » azalée, « un » astérisque, genres qui sont consignés depuis toujours dans les dictionnaires; que liséré s'écrit avec deux accents et que, par conséquent, la prononciation liz'ré est fautive; qu'un impétrant n'est pas celui qui sollicite quelque chose, mais celui qui a obtenu ce qu'il demandait; qu'on ne doit pas dire pareil que, mais pareil a; qu'« Alfred» n'est pas un pingouin, mais un manchot; qu'on ne doit pas employer créole pour métis ou métis pour mulâtre, que mettre a jour n'a pas le meme sens que mettre au jour; que des cheveux calamistrés sont ondulés au fer et non plaqués; qu'on ne doit pas confondre certains