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PRÉSENTATIONIl y a deux siecles. Voltaire eut l'idée du livre de poche . Dans le cours de l'été 1764 il répandait dans le public un Dictionnaire philosophique, mais portatif : trois cents pages pour faire le tour de toutes les connaissances et reveries de l'humanité.Le XVIII siecle fut l'âge d'or des dictionnaires. Les lumieres rayonnaient d'énormes collections alphabétiques : VEncyclopédie, constellation majeure, ne comptait pas moins de dix-sept volumes in-folio de texte, et onze de planches. Moins célebres, le Dictionnaire de Trévoux, cette Encyclopédie des jésuites, les Dictionnaires de Moréri, de Bruzen de La Martiniere, étaient sans cesse réédités, ainsi que l'ancetre, le Dictionnaire historique et critique de Bayle. Et des publications a succes comme l'immense Commentaire littéral de la Bible par Dom Calmet ou l'Histoire naturelle de Buifon répondaient au meme appétit encyclopédique. On a voulu voir la une manifestation de l'esprit bourgeois : ce public éclairé et renté ne se repré-sente-t-il pas la science a l'image d'un magot qu'il convient d'arrondir ? Disons aussi que l'honnete homme des lumieres conçoit l'humanisme comme embrassant le champ entier de la connaissance. Il veut avoir des clartés de tout. Il ne se résigne pas a abandonner des pans entiers du savoir a la compétence des spécialistes : tout ce qui constitue la raison humaine releve de son jugement personnel.C'est a ce type d'homme que s'adresse le Dictionnaire de Voltaire. Le sujet du livre ? Tout ce qui prend place dans l'ordre alphabétique, c'est-a-dire tout. Mais Voltaire n'approuve qu'un encyclopédisme maniable. Toujours il fut réticent, meme quand il y collabora, devant le Dictionnaire démesuré entrepris par Diderot et d'Alembert. Par souci d'efficacité : il disait que si l'Evangile avait été un ouvrage