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PHOTO DURAND-RUEL
1. La leçon de danse Pastel (vers 1874)
EDGAR DEGAS
1834-1917
Aucun peintre n'a gardé plus jalousement qu'Edgar Degas le secret de sa vie privée qui était entierement absorbée par son art. Pourtant, la singuliere timidité dont l'artiste faisait montre, n'était qu'une attitude prise vis-a-vis de son entourage, car tout en étant toujours inquiet et peu confiant en lui-meme, Degas était assez sur de lui et de la supériorité de son intelligence remarquable. Il cachait la vivacité de son esprit, son éducation et sa culture sous le masque d'un etre maussade et insensible. Lançant des sarcasmes souvent blessants et parfois injustes, ce célibataire farouche réussissait a se débarrasser des importuns. Autant qu'il savait se montrer doux et bon, fidele et affectueux avec ses rares et intimes amis, autant il pouvait etre « embetant » avec ceux qui le genaient. Et ainsi il s'est créé — peut-etre malgré lui — une légende a travers laquelle il nous apparaît aujourd'hui comme un personnage hoffmannesque.
Dans son âme de vieux solitaire s'affrontaient les tendances les plus opposées. Ce mélange de violence et dé timidité, d'humilité et d'orgueil, de doutes et d'affirmations dogmatiques qui le secouaient et qu'il cachait, le faisait profondément souffrir. Rien n'est plus émouvant que ces quelques lignes, adressées a un de ses vieux amis : « Je viens — écrit Degas — vous demander pardon d'une chose qui revient souvent dans votre pensée :