Bővebb ismertető
Estienne Pasquier (1529-1617) et I'édition de ses oeuvres L'intérét d'une telle reflexión que je ne ferai qu'entamer ici, saute aux yeux. Etienne Pasquier par sa longévité et la prolixité de sa plume1 a eu affaire á la librairie parisienne et provinciáié de 1554 á sa mort en 1615, en fait jusqu'en 1621, 1665 voire 1723 ou telle ou telle oeuvre subit encore des avatars plus ou moins décidés par lui. Durant sa longue carriére éditoriale de polygraphe - penseur, poéte fran9ais et néo-latin, pamphlétaire, historien, avocat et épistolier - il s'est laissé, ici ou lá, aller á parler de son oeuvre, de son public, des imprimeurs et des libraires que tantőt il a recherchés, tantőt boudés, et il a publié une lettre á un libraire ami qui avait fait la mérne chose á son intention. Praticien chevronné des piéces de circonstances anonymes, il a aussi joué lors de la publication de recueils poétiques - jeux mondains ou compositions personnelles - á brouiller la transparence en se cachant sous des initiales ou des identitás d'emprunt. Pére de famille conscient de ses charges, il a régié pour les enfants de sa chair une équitable répartition de ses biens matériels2; patriarche des lettres reconnu á la fin de sa vie, il a voulu, en donnant ou en préparant des éditions et des rééditions, flxer le sort de ses enfants de plume dont il s'occupe encore en 1613, á quatrevingt-quatre ans3. Bref, avec Etienne Pasquier on tient l'exemple d'un auteur habitué des libraires, conscient d'avoir produit une oeuvre dont il réaménage constamment certains pans ou qu'il réorganise pour en assurer la survie. Ainsi pour ne pas parler d'une théorie de Pasquier á ce sujet, ce qui serait présomptueux vu l'état actuel de ma documentation, je me propose de parcourir son oeuvre et sa carriére éditoriale en m'arrétant d'abord sur sa conception des auteurs et des livres qui conditionne son comportement en matiére d'édition de ses propres compositions, conception qu'il nous livre dans ses préfaces ou avis au lecteur ainsi que dans ses Lettres. Je ferai ensuite quelques remarques sur le choix qu'il fit des libraires á qui il confia le sóin de l'éditer, et sur ceux qui l'éditérent sans son aveu. J'examinerai enfin l'amitié qui le lia quelques années á l'un d'entre eux, Abel L'Angelier, marchand libraire installé au Palais dont il semble s'étre éloigné aprés 1596, á moins que ce ne fűt l'inverse. * 1"Comme la plume de cest Autheur n'a jamais esté oiseuse, ains diversifiée selon la diversité de ses ans", feint-il de déclarer au lecteur á l'entrée de La Jeunesse d'E. P. sous Pidentité d'André Du Chesne Tourangeau en 1610. 2Voir le testament olographe d'Etienne Pasquier du 12 décembre 1614, édité par Madeleine Jurgens et Jean Mesnard, dans "Quelques piéces exeeptionnelles (...) Minutier central (1600-1650)", RHLF, 79, 5 (1979), p. 740-744. 3Lettre XXI, 6 á Scévole de Sainte-Marthe, du ler janvier 1613. Les Lettres, qui ne présentent d'une édition á l'autre, comme nous l'avons constaté en les étudiant, que des différences de graphies , peuvent étre lues sans probléme dans I'édition dite d'Amsterdam, de 1723, oü les XXII livres figurent au second tome, colonnes 1-688. 3