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NOTICE SUR FLORTAN.Florian , fils d'un gentilhomme du bas Languedoc, dont la fortune était médiocre, se nommait Claris ; il s'appelait Florian, du nom de sa terre. Sa mere était d'origine espagnole ; elle avait conservé quelque chose des mours et des habitudes particulieres au pays ou elle était née, et elle l'avait transmis a son fils avec la gaieté naturelle au sien propre. II est sur qu'on trouve dans ses ouvrages beaucoup de ce caractere généreux, chevaleresque et galant, que les Maures avaient imprimé sur les habitants de ces contrées longtemps soumises a leurs lois, et de cette sensibilité pastorale que l'on peut, dit-on, remarquer encore parmi les bergers des rives du Tage ou des campagnes de l'Estramadure. Sa conversation brillait plus particulierement de l'esprit français et de la gaieté languedocienne, et faisait éprouver autant d'agrément a ceux qui ne le voyaient que d'une maniere fugitive, que les qualités de son âme faisaient gouter de charmes a ceux qui avaient avec lui un commerce habituel.Il fut destiné de bonne heure au service militaire. Son pere avait consumé la plus grande partie de sa modique fortune dans les honneurs obscurs d'une compagnie de cavalerie, et il fallait bien que le fils suivit cet exemple : c'était l'usage de ce temps-la parmi les personnes d'un certain rang. Apres avoir été pendant quelque temps page de M. le duc de Penthievre, Florian fut placé dans son régiment : son oncle était écuyer de ce prince, et en était extremement aimé : c'était le meme qui avait épousé la niece de Voltaire, veuve d'un M. Fontaine, et qui vint ensuite s'établir a Ferney, ou il fit bâtir une jolie maison sur le plan que le propriétaire de ce lieu célebre, aussi bon architecte que grand écrivain, avait pris plaisir a tracer pour lui. Ce fut donc a cet oncle, neveu de Voltaire et écuyer du duc de Penthievre, que Florian dut le bon accueil qu'il reçut des son enfance a l'hőtel de Toulouse et a Ferney , et l'avantage d'etre soutenu , des ses premiers essais dans la carriere des armes et dans celle des lettres , par le petit-fils de Louis XIV et par l'historien de son siecle. Avec ce double florian.1