Bővebb ismertető
INTRODUCTION
La connaissance des coutumes populaires, c'est-a-dire du folklore, est en Suisse une science récente. Son fondateur en est aussi le précurseur depuis plusieurs dizaines d'années: Edouard Hoffmann-Krayer (1864-1936), auteur d'un petit ouvrage intitulé Feste und Bräuche des Schweizervolkes^ paru en 1913. Revu et augmenté par Paul Geiger, ce livre présente un premier tableau de nos coutumes populaires et paysannes telles qu'elles se sont formées dans leur originalité depuis les âges les plus reculés, ou tout au moins depuis la Révolution française, jusqu'au milieu du XIX'' siecle. Or, l'emprise croissante de l'industrie ainsi que l'essor général des transports du a la découverte de la traction a vapeur n'ont pas laissé intactes les habitudes populaires. Pourtant, il restait non seulement dans les montagnes des Alpes et du Jura, mais aussi sur notre Plateau, des contrées écartées, mal desservies et qui demeuraient manifestement rebelles a toute ouverture vers les centres urbains. La vie sociale, économique, culturelle et, bien entendu, les usages populaires y subsistaient avant tout dans leurs formes traditionnelles. A ce sujet, il suffit de mentionner l'exemple bien connu des migrations annuelles de la population entiere de certains villages valaisans - comme dans le val d'Anniviers - pour étayer notre propos: la survie de ces habitants de la montagne dont l'existence est caractérisée par une économie autarcique. Que sont devenues aujourd'hui ces structures de vie héritées des ancetres? Guere plus que des vestiges ! En effet, l'industrialisation, la production d'énergie, les récents moyens de transport, les communications rapides avec le monde entier et surtout la pénétration du tourisme hivernal dans les vallées des Alpes et sur les hauteurs du Jura ont constitué, des leur apparition et par leur prodigieux développement, des pressions si puissantes que les coutumes populaires n'ont pas pu leur résister partout. Composé d'éléments variés et complexes, ce phénomene n'a pas été sous-estimé par les écrivains et les
' Feles et coutumes du peuple suisse
éditeurs qui, a la suite de Hoffmann-Krayer, se sont voués a analyser les formes, le contenu et la signification des usages ancestraux. Les plus récents parmi ces auteurs, tels Richard Weiss et Rolf Thalmann, ainsi que des spécialistes de coutumes régionales et locales ont tous, les uns apres les autres, démontré l'importance de ces facteurs modernes sur l'évolution des traditions ethniques. En outre, VAtlas du folklore suisse, édité par la Société suisse des traditions populaires, présente en particulier les résultats d'investigations qui ont été conduites voila quarante ou cinquante années, soit avant le profond bouleversement des coutumes intervenu des la derniere guerre. Cet ouvrage n'est pourtant pas périmé; en effet, aussi bien le commentaire de synthese que les résultats des enquetes analytiques abondent dans le sens des recherches scientifiques les plus récentes et peuvent fort justement etre complétés les uns par les autres. Il est particulierement malaisé d'établir aujourd'hui des limites entre les zones rurales et les villes. En effet, l'urbanisation s'est massivement étendue a des terres qui, autrefois, étaient le domaine réservé en priorité a la paysannerie et a l'artisanat, avec, ici et la, revetant une importance moindre, quelques établissements industriels. Or, du seul point de vue esthétique, nous ne pouvons pas dire que les rénovations et les nouvelles constructions d'immeubles a la campagne offrent toujours des aspects attrayants. En outre, le brassage de population n'est pas la moindre des caractéristiques de l'existence moderne, ainsi que le révelent l'étude des mouvements du trafic et les statistiques de l'habitat. Il est par conséquent illusoire de vouloir délimiter les zones citadines et rurales, particulierement a propos de ces «cités-dortoirs» dont les occupants se rendent chaque jour en ville pour y exercer leur profession. D'anciens villages ont été regroupés en agglomérations plus ou moins vastes qui, a leur tour, deviennent les centres de nouvelles expansions urbaines. Il suffit