Bővebb ismertető
C'est une fin essentiellement pratique que nous avons cherchée en rédigeant cette grammaire. Nous avons essayé de résoudre les difíicultés particuliéres que rencontre un étranger á propos de notre langue : Que signifie telle tournure, lue ou entendue? Quelle expression donnerá telle idée, de cause ou de conséquence ? Comment employer, dans telle situation, les formes du pronom personnel ou de Partiele? Mais nous n'avons point perdu de vue que, chaque fois, l'étranger est soucieux de connaitre ce qui se dit et s'écrit couram-ment, plutöt que les régles strictes de la grammaire traditionnelle. II désire ne pas se singulariser aux yeux des Frangais qui l'entendront ou le liront. Aussi, en lui offrant une deseription des divers procédés d'expression dans la langue d'aujourd'hui, avons-nous tenté de le guider et de l'orienter diserétement. Nous avons donc été ámené, d'abord, á ne traiter que du frangais actuellement vivant (ne citant űn tour ancien que rarement, et s'il garde encore quelque sur-vivance); ensuite, á insister sur certains problémes particuliérement épineux : la postposition du sujet, par exemple, la place de l'adjectif épithéte. Le mérne souci, tout pratique, explique pourquoi nous n'hésitons point á rappeler un fait déjá évoqué précédemment, ou á multiplier les renvois d'un paragraphe á un ' autre.Nous ne cacherons pas que la rédaction d'une grammaire aujourd'hui, et pour les étrangers nous a semblé, á maintes reprises, au cours de notre travail, une táche ambitieuse et peut-étre vaine, du moins pour nos forces. Dans un temps oü la langue parlée et la langue éerite évoluent trés rapidement; oü l'école n'est plus le conservatoire du bon frangais qu'elle fut pendant un siécle et demi; oü la presse, la radio, la télévision passent de plus en plus aux mains des jeunes, appelés á se fairé entendre d'un immense public, c'est déjá une étrange entreprise que d'oser fairé un manuel pour les écoliers de nos lycées; mais entreprise plus étrange encore, si l'on s'adresse á des lecteurs qui ne sont pas framjais, dont l'attention eritique reste en éveil et qui pourront trouver chaque jour, á la radio, dans le journal, dans un román, le démenti sans réplique de ce que le manuel aura prétendu leur enseigner. Quelle peut étre l'attitude du grammairien devant des problémes tels que l'emploi du subjonctif avec aprés que ou le non-accord du participe passé au féminin? S'il adopte une position de pure deseription linguistique, inclinant ainsi ses lecteurs á suivre une ten-dance encore discutée, ne va-t-il pas les désarmer devant les reproches, non seulement des doctes, mais de ceux qui tiennent tout simplement au respect des grandes ceuvres?