Bővebb ismertető
RegardsDes sa prime jeunesse, Claude Debussy apparaît comme un artiste hors norme : sa formation fut bien peu classique au regard des musiciens ses contemporains : dédié tres jeune a la carriere de pianiste virtuose, il fi-équenta fort peu les bancs de l'école, en gardant longtemps une orthographe peu sure et une vraie fringale de lectures; doué d'un esprit original et d'une faculté d'assimilation remarquable, il mesura tres vite le caractere sclérosé de l'enseignement musical qu'il recevait au Conservatoire de Paris ou il entra a l'âge de dix ans : ses émdes y furent plutőt moyennes ; il n'y remporta aucun prix dans les disciplines de l'écriture, mais un second prix de piano (1877) et surtout un premier prix d'accompagnement au piano (1880), avant le coup de cymbale du prix de Rome, remporté a vingt-deux ans (1884), apres deux tentatives infiructueuses. Sa personnalité d'artiste se définit lentement, et surtout par ses refus des regles enseignées aveuglément, son éloignement instinctif de la convention, son dégout du monde officiel comme de l'agitation mondaine ; mais on remarque tres tőt un intéret primordial pour la littérature et les arts de son temps. La Beauté sous toutes ses formes flit probablement la valeur fondamentale qui illumina une vie qui fiit rien moins que facile et c'est précisément cette fascination pour les arts visuels, si rare chez un pur musicien, qui a retenu l'attention. Divers articles, les ouvrages d'Edward Lockspeiser (1962), de Stefan Jarocinski (1970), de François Lesure (1975 et 1994), une belle exposition de Guy Cogeval et François Lesure a Rome (1984) ont abordé ce sujet, sans que jamais lui soit dédiée une étude d'ensemble, fondée sur une documentation précise, associant les méthodes de la musicologie et les données de l'histoire de l'art. Trop souvent, la réflexion s'est fondée sur des approximations, des intuitions ou prévalait la petite sensibilité de l'auteur, pour s'exprimer comme Debussy; on a beaucoup parlé de Ximpressionnisme de Debussy, beaucoup plus rarement des convergences de son art avec le symbolisme ; on sait combien l'une comme l'autire de ces étiquettes indisposaient le musicien et l'on reviendra in fine sur ces questions délicates. A lui seul, le parallele Debussy-Monet apparaît conmie un vrai topos, pour ne pas dire cliché, dans la réflexion sur le sujet; on a souvent esquissé des rapprochements assez élémentaires entre les univers de ces deux artistes en s'en tenant aux titres évo-cateurs : Refiets dans l'eau. Brouillards, Feuilles mortes, Voiles alors meme qu'un examen sérieux des sources disponibles écrits, témoignages, correspondances révele un quasi-silence sur cette relation.Dans les pages qui vont suivre, j'ai donc tenté de rassembler tres précisément ce que l'on sait de la relation du compositeur aux arts visuels; j'ai croisé les données des sources originales relatives au musicien, avec l'histoire des arts qui lui sont contemporains, me posant constamment cette question : lorsque Debussy dit sa prédilection pourTurner, l'art japonais, Rossetti ou Camille Claudel, qu'avait-il pu voir de leurs ouvres a Rome, a Londres ou surtout a Paris dans les années 1884-1902 ou l'on situe ses années de formation? Comment s'était défini un gout, si original, si affirmé? De quelles visites d'expositions et de musées ou de collections privées, de la consultation de quels ouvrages ? De meme, dans l'illusti-a-tion de ce livre, a-t-on eu pour souci premier de montrer les ouvres que le musicien avait vues, avec certitude ou selon une forte probabilité; j'ai rapproché les éléments, parfois infimes, révélés par les correspondances, les écrits et les entretiens avec le musicien, les témoignages de ses proches sur ses gouts, les descriptions de son intérieur, les trop rares photographies de son hőtel de l'avenue du Bois, les catalogues et comptes rendus d'expositions