Bővebb ismertető
Introduction
Littérature française du XVI« siecle, ou de la Renaissance ? Il semble légitime de préférer le second terme, en dépit des controverses qu'il pourrait susciter. Controverses de chronologie, puisque la Renaissance européenne commence des le Quattrocento, en Italie ; controverses sur le mot meme, critiqué par ceux qui soit refusent la spécificité de cette Renaissance, l'assimilant aux renouveaux culturels qui jalonnent les quatre siecles précédents, soit la discréditent, par dévotion envers tout ce qu'elle a pu ébranler. La discussion serait interminable, et superflue. Pour couper court, nous tirerons parti du fait que nous avons a considérer principalement, dans une histoire de la littérature, les phénomenes culturels ; et que dans ce domaine une mutation, avec les traits qui en indiquent le sens, est suffisamment attestée des lors que les contemporains, écrivains et public, en témoignent explicitement. Le repere inaugural de cette conscience collective du changement, qui a elle seule est déja un changement, sera donné ici, ne serait-ce qu'a titre symbolique, par une ouvre qui la manifeste avec un précoce éclat : La Concorde des deux langages, de Jean Lemaire de Belges.
Cela n'implique évidemment pas que l'an 1511 (date du manuscrit) soit l'exact point de départ de la Renaissance française. A vrai dire, les prétextes ne manqueraient pas pour justifier un tel choix. C'est l'année ou Lemaire de Belges, outre la Concorde, commence la publication des Illustrations de Gaule ; ou Aléandre se félicite du succes qu'obtiennent a Paris ses cours publics de grec ; ou Charles de Bovelles publie — en français — le Livre de l'art et science de géométrie ; ou Lefevre d'Etaples entreprend ses Commentaires sur les épîtres de saint Paul tout en continuant la publication de nouvelles traductions latines des ouvres d'Aristote, et en commençant a faire connaître les mystiques flamands ; ou les prétentions françaises a une hégémonie politique et meme spirituelle en Europe s'affirment au concile de Pise avant de se heurter a la Sainte Ligue formée par Jules II, pape de combat, pendant qu'Érasme fait imprimer les paradoxes ironiques de son Eloge de la folie. Pour marquer le début d'un siecle de civilisation, cela vaut bien le fracas de Marignan,