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A
la fin du premier siecle de notre ere, quand il commença a se répandre dans l'Empire romain, le christianisme était une religion nouvelle. Il lui fallut décider s'il utiliserait l'art qui avait tant servi au paganisme ; et, s'il faisait appel a lui, quels sujets symboliques et narratifs seraient traités par les artistes. L'Eglise adopta une attitude tres raisonnable. Elle ne proscrivit pas l'art laique qui visait a embellir l'existence, sauf lorsqu'il devenait un luxe excessif. Quant a l'art qui se faisait le complice de l'idolâtrie, qui glorifiait les « faux dieux » et favorisait les actions qu'elle condamnait, elle le proscrivit. Une religion implique un culte, donc des rites, des cérémonies qui doivent se dérouler dans un édifice, employer des objets et des vetements particuliers. D'ou la nécessité de s'adresser a l'architecture et aux arts appliqués. D'un autre côté, par un instinct inné chez l'homme, une religion a besoin aussi de traduire et de résumer ses dogmes abstraits au moyen des signes que sont les symboles. Elle doit placer sous les yeux des fideles les etres, surnaturels ou humains, qu'ils vénerent et invoquent, et rappeler les événements importants de leur existence. On pourrait imaginer le christianisme primitif simplifiant le culte a l'extreme et proscrivant les images, ainsi que l'a fait la Réforme. Mais la Réforme a coincidé avec l'invention de l'imprimerie, avec la diffusion du livre ; le texte alors a remplacé l'image. Aux premiers siecles du christianisme, beaucoup de fideles ne savaient pas lire, et les livres, manuscrits, étaient tres rares et tres chers. Le christianisme a donc tenu a avoir une liturgie, un cérémonial religieux, et a faire appel aux arts visuels. En fait, l'Eglise ne prit pas sur ce point une
décision nette et les avis demeurerent partagés. Certains auteurs chrétiens réprouvaient les images car ils craignaient qu'elles ne contribuent a faire revivre l'idolâtrie. D'autres les toléraient ou meme les recommandaient. En majorité les fideles sentaient le besoin de voir vivre devant leurs yeux les épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament qui leur rappelaient les grandes vérités chrétiennes, et les événements de la vie de leur Sauveur. Ce fut ainsi que l'art passa du service du paganisme a celui de l'Eglise, d'abord modestement puis magnifiquement, lorsqu'elle fut enfin officiellement reconnue. Elle dut alors développer son culte et célébrer son triomphe.
L'art chrétien primitif fut un art composite. Meme lorsque les sujets traités étaient uniquement chrétiens, la discipline esthétique et la technique étaient encore celles employées par le paganisme. De plus, il
Ulysse et Pénélope
Fresque de Pompéi