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PREFACE
UN MIROIR MAGIQUE
« Si le leéleur e^t curieux je lui dirai tout a l'oreille. »
Casanova.
Quand, le 4 juin 1798, mourut Giacomo Casanova, Vénitien, bibliothécaire du château de Dux en Boheme, qui aurait alors pu penser qu'avec celui qui s'était fait appeler Jacques Casanova de Seingalt disparaissait l'un des tres grands écrivains français du siecle finissant ? S'il avait publié deux ouvrages hiftoriques en italien, des traduélions-adaptations, deux revues éphémeres et une douzaine d'opuscules, seul le récit de son évasion des cachots du Palais des doges avait connu le succes, alors que le roman utopique sur lequel il avait compté pour accéder a la gloire, Icosameron ou HiMoire d'Edouard et d'Elisabeth, avait été un échec. Certes, il avait été un « fameux » avenmrier — l'époque en a produit plusieurs —, mais qui aurait pu croire que son Hiftoire de ma vie allait devenir l'un des textes les plus lus de la littérature universelle ?
Li personnage.
Sous l'étendard de la vérité, dans un français relevé d'italianismes, au fil de ses pérégrinations européennes, Casanova mele rires et larmes, aventares et philosophie, sexe et théologie, romanesque éblouissant et prosaisme physiologique, sentimentalité et cynisme, charlatanisme et rationalisme, blasphemes vigoureux et crédos singuliers. Par son récit souvent jubila-toire, il a été perçu comme le héros d'un roman de cape et d'épée doublé d'un «faune en bas de soieS>. Il s'eft ainsi
I. Dans son article « Casanova et la postérité » (^vue du dix-huitieme siecle, n° 2, juillet-décembre 1917, p. 284), Oâiave Uzanne cite un extrait d'une lettre que