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LIVEE DOUZIEME.LLéopold, ce prince pacifique et philosophe, révolutionnaire s'il n'eut pas été empereur, avait tout tenté pour ajourner le choc des deux principes. Il ne demandait a la France que des concessions acceptables pour refouler l'élan de la Prusse, de l'Allemagne et de la Russie. Le prince de Kaunitz, son ministre, ne cessait d'écrire a M. Delessart dans ce sens; les communications confidentielles que le roi recevait de son ambassadeur a Vienne, le marquis de Noailles, respiraient le meme esprit d'apaisement. Léopold voulait seulement que l'ordre rétabli en France et la constitution pratiquée avec vigueur par le pouvoir exécutif donnassent des garanties aux puissances monarchiques. Mais les dernieres séances de l'Assemblée, les armeipiens de M. de Narbonne, les accusations de Brissot, le discours'" enflammé de Vergniaud, les applaudisse-mens dont il avait été. couvert commencerent a lasser sa patience, et la guerre longtemps "contenue s'échappa malgré lui de son cour. Les Français veulent la guerre, dit-il un jour a son cercle-, ils l'auront, ils verront que Léopold le pacifi-que sait etre guerrier quand l'intéret de ses peuples le lui commande. "Les conseils de cabinet se multiplierent a Vienne en présence de l'Empereur. La Russie venait de signer la paix avec l'empire ottoman, elle était libre de se retourner du cőté de la France. La Suede soufflait la colere des princes. La Prusse