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LIVEE CINQUANTE ET UNIEME.
L
Ces combats, tour a tour héroiques et atroces, entre la république et ses ennemis, sur les champs de bataille et sur les champs de supplice, n'avaient point interrompu les immolations a Paris et dans les provinces. Depuis la mort des Girondins, la guillotine semblait élevée au rang d'institution. Elle ne cessait de dévorer des victimes; ces victimes étaient prises dans tous les partis que la Eévolution avait laissés en arriere ou qu'elle rencontrait en avançant. Quelques démagogues sanguinaires de la commune et de la Montagne demandaient qu'on construisît l'instrument de meurtre en pierre de taille sur la place de la Concorde et en face des Tuileries. La guillotine devait etre, selon eux, un édifice public et national qui témoignât a tous, et toujours, que la surveillance du peuple était permanente et que sa vengeance était éternelle.
Le tribunal révolutionnaire, attentif au moindre signe du comité de salut public, se hâtait d'envoyer a la mort tous ceux qu'on lui désignait. Le jugement n'était qu'une courte formalité.
Le nom de madame Roland ne pouvait échapper longtemps au ressentiment du peuple. Ce nom était tout un parti. Ame de la Gironde, cette femme pouvait en etre la Némésis si on la laissait survivre aux amis illustres qui l'avaient précédée