Bővebb ismertető
PRÉFACEIl y a quelque temps, un Américain, qui fut l'un des premiers critiques de l'art indien, déplorait que de nombreuses sculptures de Konarak, tout chefs-d'ouvre qu'elles soient, ne pussent pas etre publiées dans le monde entier, et cela pour des raisons évidentes. Cette excuse peut avoir été provoquée par une tradition qui, en Europe et en Amérique, a passé d'une période de rapacité sans frein a une période de bonnes intentions.Alex Comfort a brillamment décrit ce phénomene: Le Dieu terrifiant du victorianisme n'est plus, mais il a laissé ses empreintes dans l'esprit de toute une génération de parents et dans une obsession léguée par eux a leurs enfants Une propreté ritualiste a remplacé les vieux relents putrides.-Le souci extérieur de salubrité et de discipline conformément aux instructions des médecins les plus éclairés, trahit en général une insécurité dans la vie intérieure, insécurité qu'expriment des désordres psychosomatiques, des obsessions et des dépressions, une inaptitude aux relations amoureuses et la délinquance.Cette délinquance, qu'elle appartienne aux formes mineures dont connaissent les tribunaux ou aux types plus dangereux qui, par le désir de domination sur autrui, conduisent a l'agression, est essentiellement un signe d'immaturité ou une survivance du barbarisme.Si le maboulisme, qui est la caractéristique de notre société actuelle, est sadique dans tout ce qu'il fait, a la fois ouvertement et secretement, c'est parce que le masochisme devient l'attribut essentiel du citoyen dans une société barbare. Un code de morale, conçu au début par des tribus nomades dans une société patriarcale, et a leur propre usage, a reçu des additions venant d'ordres monastiques, chrétiens et autres, et exerce maintenant un contrőle vigilant sur notre vie; il est toujours pret a découvrir et a punir, par l'intermédiaire du gendarme, les impulsions humaines normales, alors meme que les hommes éclairés n'acceptent plus les codes primitifs et n'y croient plus.Une telle société est la mort et non la vie. Elle a pour symboles le camp de concentration, la conscription militaire et la bombe a hydrogene.Dans les formes rurales et pastorales de la civilisation et de la culture indiennes au contraire, l'amour, avec toutes ses associations spirituelles et sexuelles, était accepté franchement ; on l'y revetait des belles images que fournit la poésie la plus haute, en paroles, en peinture et en pierre. Le principe de vie y était adoré par les subtiles doctrines du culte hindou kaula ( noble), ainsi qu'a travers des croyances, rituels et pratiques magiques destinés a libérer l'inconscient en laissant jouer les fonctions sexuelles.Selon la légende, le dieu supreme unique. Brahman, s'est rendu multiple par désir. Et c'est par le meme désir que le multiple cherche a redevenir un.Des les temps les plus anciens, l'union du mâle et de la femelle est ainsi devenue le symbole de l'union de toutes les forces, et, dans les formes sociales et religieuses admises, le plaisir corporel éprouvé dans l'accouplement a toujours été lié a la sainteté de la procréation et a constitué un but en soi. La notion du péché originel et la nécessité d'entourer de secret tout ce qui est sexuel n'ont jamais figuré dans les périodes ou la culture indienne était la plus intense.Sans doute nous avons connu des périodes pénibles de régression et d'acharnement au suicide, oil un puritanisme patriarcal a cherché a prendre la direction de la société. Et certaines formes décadentes ont fleuri dans ces périodes de régression.Dans l'ensemble cependant, l'impression dominante que nous donnent les civilisations hindoues et bouddhistes est celle d'un humanisme tendre, en contact avec les forces naturelles de l'impulsion et de l'idée, éveillé a toutes les sensibilités qui contribuent a transposer la vie pleine et riche de l'humanité en la poésie de l'existence plutőt qu'en la prose nerveuse d'une anxiété endémique.