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« Tu y crois si bien a ces idées-la, mon cher, que tu as abandonné l'adultere, l'amour, l'ambition, tous les sujets apprivoisés du roman moderne, pour écrire l'histoire de Gilles de Rais. » Et, apres un silence, il ajouta :
« Je ne reproche au naturalisme ni ses termes de pontons, ni son vocabulaire de latrines et d'hospices, car ce serait injuste et ce serait absurde; d'abord, certains sujets les helent, puis avec des gravats d'expressions et du brai de mots, l'on peut exhausser d'énormes et de puissantes ouvres, L'Assommoir, de Zola, le prouve; non, la question est autre; ce que je reproche au naturalisme, ce n'est pas le lourd badigeon de son gros style, c'est l'im-mondice de ses idées; ce que je lui reproche, c'est d'avoir incarné le matérialisme dans la littérature, d'avoir glorifié la démocratie de l'art!
« Oui, tu diras ce que tu voudras, mon bon, mais, tout de meme, quelle théorie de cerveau mal famé, quel miteux et étroit systeme! Vouloir se confiner dans les buanderies de la chair, rejeter le suprasensible, dénier le reve, ne pas meme comprendre que la curiosité de l'art commence la ou les sens cessent de servir!
« Tu leves les épaules, mais voyons, qu'a-t-il donc vu, ton naturalisme, dans tous ces décourageants mysteres qui nous entourent? Rien. — Quand il s'est agi d'expliquer une passion quelconque, quand il a fallu sonder une plaie, déterger meme le plus bénin des bobos de l'âme, il a tout mis sur le compte des