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^e soir de juin ou l'étranger arriva a Pottenstein fut aussi celui de ma premiere rencontre avec la baronne Mechthild. Je m'étais levée tőt, trop tard cependant pour assister au départ de M. Horváth qui était allé a Vienne, au-devant de son successeur. Käthe, la cuisiniere, n'eut pas a me reprocher ma paresse : Je voulais que la maison fut propre et avenante pour l'arrivée de notre nouveau maître. Je frottai avec satisfaction les rondes marches de l'escalier et les dalles rouges des salles ; quand le travail me lassait, appuyée contre le mur éclatant de blancheur, je regardais les voutes fraîches et passais un instant a écouter tous les bruits, a respirer toutes les odeurs du silencieux jardin. Mais, quand tomba de la montagne le froid cru, déja automnal du crépuscule, je fus la premiere a me précipiter au seuil pour recevoir les voyageurs. La voiture découverte qui s'arretait devant le porche était celle de M. le docteur Ecarius! Rouge de honte et de désappointement, je voulus fuir, mais le médecin, en sautant de son siege, me cria a travers le jardin : Un instant, Ulrika, ma chere ! Ah ! je suis bien aise de voir tes bonnes joues et tes yeux brillants de santé. Ton visage est le plus réconfortant des spectacles, mon enfant !Il me fallut l'attendre sous le lent balancement des pins. Les chalumeaux des bergers jouaient dans la montagne. Les sommets étaient enveloppés des brumes violettes du soir et je cherchais vainement a distinguer, parmi les arbres, la fumée du toit paternel. M. Ecarius11