Bővebb ismertető
Préface
Ily a pres de cinquante ans, a l'automne 1956, alors que la diplomatie française essuyait un cinglant échec devant l'ONU, a l'issue de la crise de Suez, un autre événement concernait une capitale de l'Est européen : Budapest.
En novembre 1956 la nouvelle de la répression sanglante de l'insurrection suscitait l'émotion et des gestes de solidarité tant a la légation de France dans la capitale hongroise qu 'a Paris ou un important débat avait lieu a l'Assemblée. Mais les réactions officielles du gouvernement Guy Mollet restaient tres prudentes. Comment interpréter l'action diplomatique française et les échos dans l'opinion publique ? L'ouvrage de Gusztáv Kecskés jeune historien hongrois qui vient de soutenir une these de doctorat d'histoire sur le sujet devant un jury franco-hongrois, apporte un éclairage fort intéressant a partir de nombreux documents souvent inédits.
Son étude se fonde sur un croisement de nombreuses archives françaises et hongroises mais aussi nord-américaines, britanniques et russes dont l'ouverture est dans certains toute récente. L'originalité de sa démarche apparaît également a travers son investigation au sein des sources des organisations internationales (OTAN et ONU) et des fonds d'institutions privées.
Enfin le recours aux témoignages d'anciens acteurs, utilisés avec méthode et rigueur apporte a l'ouvrage une dimension humaine tres appréciable.
L'auteur s'efforce d'abord d'inscrire son sujet dans le contexte international. Il montre bien que cette crise doit s'interpréter dans la logique des affrontements d'un systeme bipolaire ou les positions hétérodoxes d'Imre Nagy sont séverement sanctionnées par Moscou. Si l'année 1955 avait été annonciatrice d'une politique de détente a travers plusieurs événements symboliques dont la signature du traité d'État autrichien en mai 1955 et le dégel soviéto-yougoslave, d'autres évolutions étaient moins positives. La création en ce meme mois de mai 1955 du Pacte de Varsovie indiquait que le Kremlin n 'entendait pas rester inerte face a la consolidation du bloc « euratlantique ». Les matériaux consultés notamment au sein de l'Institut de 1956 de Budapest ou des fonds du Secrétariat international de l'OTAN, montrent aussi que certaines prises de position de « Radio Free Europe » relayées par certains intellectuels occidentaux avaient pu créer en Hongrie l'illusion d'un fort soutien occidental en faveur des partisans de l'insurrection hongroise.