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PRÉFACE
Le Horla donc, et fouette cocher! Non certes a cause de Césaire Horlaville, cocher de la diligence du Havre, « cette carriole qui avait du monstre dans sa structure et son allure ». Non certes a cause de lui, et bien que « La Bete a Maît' Belhomme », qui retentit de ses clameurs, soit déja a sa façon un récit de possession. Mais parce que, de tous les titres possibles. Le Horla était peut-etre le seul qui soit vraiment fait de maniere a vous emporter un livre, a vous l'enlever. Parce qu'il le destinait aussitôt a la célébrité.
Il y a des titres, en effet, qui sont investis de ce pouvoir-la, un pouvoir un peu magique qu'ils partagent avec certains noms, quand ils ne le leur empruntent pas purement et simplement. Prenez le nom de Zola, par exemple. Maupassant ne se lasse pas de le faire sonner, miroiter, d'en éprouver le timbre, d'en interroger l'éclat, comme s'il devait y trouver une réponse au mystere de son extraordinaire valeur marchande : « De tous les noms littéraires, il n'en est peut-etre pas qui saute plus brusquement aux yeux et s'attache plus fortement au souvenir que celui de Zola. Il éclate comme deux notes de clairon, violent, tapageur, entre dans l'oreille, l'emplit de sa brusque et sonore gaieté » (1882).
Je ne doute pas un seul instant que le Horla ne soit tout droit sorti du moule ou ont été coulées les deux syllabes bondissantes du nom de Zola. Je n'en doute pas, quelque réticence qu'oppose par ailleurs le narrateur a trahir le secret de sa genese. Le vocable sous le