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LE ROMAN HEIvLÎÎNISTIQUE ou les reveries d'une foule soiyltaire
Depuis les¦ conquetes d'Alexandre une vaste communauté culturelle internationale, la koine hellénistique, s'était constituée entre le Gange et l'Adriatique, la Crimée et l'Égypte. La Grece et ses colonies méditerranéennes, l'Asie Mineure, l'immense domaine achéménide dans le Proche-Orient et en Afrique, une masse énorme de peu^ pies au plus haut point hétérogenes, dont les particularismes reposaient sur des traditions millénaires, furent rassemblés autour des villes tracées au cordeau par Alexandre et ses successeurs. Alexandrie, Antioche et Séleucie sur le Tigre devinrent de gravides métropoles de plus d'un demi-million d'habitants, chiffre inconcevable pour la Grece classique et qui ne fut athiM que par les deux grandes villes cosmopolites qui se disputaient l'hégémonie en Occident : Rome et Carthage.
La fin de la domination grecque, au siecle av. J.-C., n'a nullement affecté cette vaste koine. Bien au contraire, de meme que les Parthes furent les intermé-Maires entre l'hellénisme et l'Orient {sans eux l'art gréco-bouddhique en Asie centrale eut été inconcevable), les Romains porterent l'hellénisme sur les rives de l'Atlantique. S'ils latiniserent l'Occident, ils ne firent qu'imprimer un nouvel élan a l'hellénisme tel qu'ils le trouverent a l'est de la mer Ionienne. Conséquence lointaine de l'expédition d'Alexandre : c'est en grec que seront conservés ou rédigés les textes du Nouveau Testament ainsi que la plupart des écrits des Peres de l'Église.
De la Gaule narbonnaise a l'Inde s'étendit alors le