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INTRODUCTION
aurait pu croire, au début du xvii' siecle, que la peinture française commençait a peine un des cj'cles les plus glorieux qu'ait parcourus l'art d'aucun pays ? Il n'y avait autant dire pas de peintres. Les maîtres de Fontainebleau — tour a tour trop prisés et trop méprisés — n'avaient laissé qu'une indigne descendance. Encore leurs derniers éleves s'éteignaient sans transmettre leur flamme vacillante. Ce n'est pas un hasard si Marie de Médicis fait venir d'Anvers le Flamand Rubens pour décorer la galerie du Luxembourg. Q,ui eut-elle trouvé dans son entourage ? L'Italie meme ne lui aurait pas donné a cette époque un décorateur digne de son grand dessein.
Le roi, la cour, les amateurs se précipitent sur le premier artiste qui naît. Ce n'est qu'un peintre de second rang pourtant : Simon Vouet. Il arrive d'Italie, précédé d'un tres grand prestige. Il rapporte, croit-on, la tradition des grands maîtres. Son succes fut immense et sans doute excessif. Ses ouvres ont pour la plupart disparu, ce qui nous empeche de les juger en toute équité. Décorateur facile, il sut harmonieusement placer d'élégantes figures de femmes dans de beaux paysages, et ses colorations claires ne sont pas dénuées de charme. 11 regne quelque temps sans rival sérieux. Sa fortune ne s'explique que si l'on n'oublie pas qu'a défaut de peintres il existait alors en France une dilec-tion singuliere pour la peinture. La reine mere, Louis XIII, Richelieu, puis iMazarin étaient avides de tableaux, de décorations, de portraits, et toute la cour avec eux. Ce n'était pas une mode superficielle, mais un gout profond, né de plus d'un siecle de culture, et si impérieux qu'il semble bien qu'on lui