Bővebb ismertető
INTRODUCTION
'ÉPOQ.UE classique professa pour les peintres « gothiques » un mépris oublieux. Quelques « antiquaires » des XVII' et xvni'' siecles s'intéresserent aux Primitifs, non point par gout artistique, mais par curiosité d'érudits ou par patriotisme local. Baldinucci, Malvasia, Zanelli, Baruffaldi, della Valle, Tempesti étudierent ainsi les Ecoles florentine, bolonaise, vénitienne, ferraraise, siennoise ou pisane ; d'autres publierent des guides oii ils s'efforcerent de découvrir les auteurs des tableaux qui ornaient les églises de leur cité. Bottari édita ses notes sur Vasari, et Lanzi, profitant de tous ces travaux, donna son Hidtoire de la peinture ilalienne, qui commença de paraître en 1792, tandis que Seroux d'Agincourt consacrait trente ans de sa vie a explorer le haut moyen âge et préparait son HuLoire de l'Art par les monumenls, qui fut publiée seulement apres sa mort, en 1823.
Ces recherches attirerent sur les ouvres elles-memes l'attention des artistes. Les Allemands et les Scandinaves qui vivaient a Rome a la fin du xvill" siecle, Hirt, Ma^'er, Bury, Carstens, exprimerent leur admiration pour l'Angelico, Mantegna ou Bellini. Dans l'atelier de David, Maurice Q,uai et ses amis se proclamaient des « Primitifs », et bientôt l'Institut reprochait a Ingres d'avoir, en ses envois, imité les Florentins du xv® siecle.
Le « Muséum » du Louvre, qui pouvait montrer tant de chefs-d'ouvre des xvr et xvir siecles acquis par les rois, désira posséder des tableaux plus anciens. Denon achetait, a Savone, le retable de Giovanni Massone; parmi les peintures données comme indemnité a la France en vertu des traités, les commissaires choisirent quelques Primitifs. Sous le Consulat et l'Empire, entrerent dans les collections nationales le Saint François, de Giotto, les Scened de la vie de saint Jean-BaplL)te et de saint Jacquet) le Majeur, par Agnolo Gaddi, le Couron-