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La peinture hongroiseau XIXe siecleC'est au xix1 siecle que la peinture hongroise trouva son expression nationale. Elle rejoignit l'art des grandes nations européennes, et ses représentants les plus illustres malgré les obstacles qu'ils rencontrerent tout au long de leur carriere et les tragédies qui, bien souvent, vinrent briser leur élan ont laissé a la postérité une ouvre d'une portée incontestable.Comment expliquer la subite floraison que connut la peinture hongroise au début du siecle? Les conditions sociales n'y sont pas étrangeres. Gagnée par un souffle ardent de patriotisme, l'opinion publique hongroise prend fait et cause pour l'idée nationale. Les uns réclament la séparation complete d'avec l'Autriche, les autres souhaitent une atténuation de l'oppression économique et culturelle que les Habsbourg faisaient peser sur le pays. Les modérés hésitent a s'attaquer ouvertement a l'absolutisme des Habsbourg et, en encourageant les arts nationaux, cherchent un dérivatif a l'ardeur patriotique de leurs compatriotes. Nous assistons alors a un grand renouveau de la littérature hongroise, suivi de l'épanouissement des beaux-arts. Dans un tel climat, les jeunes artistes ouvrent avec une ambition décuplée.L'un parmi les messagers annonçant ce renouveau, Károly Markó le Vieux (1791-1860), abandonne sa carriere d'ingénieur pour embrasser celle, combien plus incertaine, de peintre. Etabli a Pest en 1818, il ne tarde pas a se rendre a Vienne pour y parachever sa formation d'artiste. Il rencontre a l'Académie des Beaux-Arts un grand nombre de jeunes peintres et sculpteurs hongrois qui, aidés par les littérateurs, menent une grande bataille pour gagner le public a la cause des beaux-arts et contribuer ainsi a la renaissance de leur nation.Mais la réalité démentit cruellement leurs espoirs. Une ardeur et une bonne volonté jamais en défaut ne suffirent a leur assurer une existence décente, ni les conditions nécessaires a tout artiste pour créer des ouvres valables. Les ressources de la société s'avérerent trop modestes en présence de cette montée de peintres de talent. C'est ainsi que trois peintres hongrois Károly Markó le Vieux, dont nous venons de parler, Károly Brocky (1807-1855) et János Rombauer (1782-1849) durent s'exiler. Les pays qui les accueillirent leur offrirent d'ailleurs non seulement les moyens de subsistance, mais leur ouvrirent aussi les portes du succes.Ceux qui, cependant, surent limiter leurs ambitions aux possibilités matérielles de la société hongroise de l'époque, consoliderent l'essor des beaux-arts dans leur pays. C'est ainsi que Miklós Barabás (1810-1898) se cantonna dans les portraits, car les vicissitudes économiques épargnaient beaucoup plus les portraitistes que les paysagistes ou les peintres de tableaux historiques. Il peignit aussi des tableaux de genre, notables de leur fraîcheur, qui se vendaient facilement. L'une de ses plus belles toiles, Une famille roumaine va au marché , est un remarquable échantillon du courant populiste.C'est dans la premiere moitié du siecle que l'on vit apparaître ces portraitistes hongrois qui, maniant le pinceau avec une grande maîtrise, s'attacherent a donner une représentation réaliste de l'homme. Citons parmi eux les noms de Sámuel ~Lányi (premiere moitié du xix" siecle) et de József